Guy Prigent, poème inédit – janvier 2017

Le vent, soleil réséda

Le vent, ce clochard sublime balaie la sciure des vagues,
Retient l’écume blanche du temps

La mer se dédouble de ses couleurs
Jamais ne s’unit avec le ciel
Mais s’enflamme avec le soleil cou coupé

Ici, tout semble immobile et dur
Pourtant tout est mouvement et fluidité

Chemin initiatique de roches, de sable et d’algues,
Le parcours se fait paysage, isthme, sillon, presqu’île vers l’estran

Les jours d’algues
A la criée des mouettes
Sur la lande des grèves
La violence mauve et la tendresse aussi
Le cresson bleu des marées
Qui mûrit entre les berniques
Des rochers tempêtes
Les doigts rouillés à trop toucher l’écume

Des visages de Noroît

Où viennent s’échouer les anomies violettes
Et les étoiles de sable froissées par le vent
L’esquif d’un regard tout bout dehors
Qui fait l’amour à un autre regard
Dans un ciel de n’importe quelle couleur
Par force 10 au moins
Escalader des talus de tendresse et de mimosa
Avec la maladresse de mes soixante ans
Et décrire les îles frappées de ton nom
Les roses burinées à nos rêves en boutonnière de la vie domestique
La dérive des continences
Des baisers bruyère des gestes simples
de l’homme qui a faim de rivages fougères
De soleil réséda

Guy Prigent, non édité – janvier 2017

Le vent, soleil réséda
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