Poème d’Anne Bataille (lu par Michèle Pettazzoni )
J’aime caracoler avec elle
Elle fend la bise
Elle a des ailes
Sa robe grise brille au soleil
Elle aborde les virages avec fougue
Elle passe partout
Franchit les gués et s’éclabousse
Elle n’a peur de rien
Les chemins creux l’attirent
Elle n’a pas d’âge
Je l’aime bien, ma 2 CH !!!
Entre nous, ni maitre, ni bête soumise
Un pacte muet est né, sans témoin ni cornemuse
Un accord tacite, un amour simple et souverain.
Des yeux profonds confondant mes silences,
Une réponse à mes peurs, à mon impatience,
Ses élans, d’un bond révèlent un serment
Gravé dans les portes de l’infini, de l’horizon
Ses pas lent se muent en trot puis en galop,
Deux coeurs enchaînées par le même amour,
Une soif de liberté à chaque pas revendiquée
Sans peur, le cheval galope, sa crinière danse, flamboie,
Ses sabots frappent le sol sans pitié, résonnent sans voix.
Chaque Galop, écrit sur le sol, une liberté sans parole
Dans ces cours moments, nous ne faisons qu’un
Cette proximité renforce notre amitié ,notre lien.
Il traverse les forêts, les plaines, gravit les montagne
Narine au vent, épousant tous les chemins de cocagne
Sa force sauvage éblouit, messager entre ciel et terre,
Sa royal élégance légendaire, émeut les âmes qu’il conquiert
Sous sa force, sa toute-puissance, un coeur bat en silence
Celui du cheval, lui de l’homme l’ami, dont on peut être fier
Il porte sa force et sa liberté en bandoulière sur sa crinière…
Le cheval blond de mon enfance
Trottinait dans les chemins creux :
Sabots de feu, crinière dense,
Mon beau cheval, libre et heureux.
Le cheval bai de ma jeunesse
Aux longues jambes de pur-sang,
Champion de saut et de vitesse,
M’a emportée, dans son élan
.
Le cheval roux des jours d’ automne
Qu’un parcours a fait trébucher
Dans l’éclair d’un galop qui tonne,
Ne s’est plus jamais relevé.
Le cheval noir de la vieillesse
M’emporte à pas lents vers la nuit.
Aujourd’hui, mes rêves caressent
Les flancs creusés d’un cheval gris.
Vieillir la belle affaire quand les chevaux de l’imagination d’Yvonne trottent, galoppent puis marchent au pas à travers les ages. Sous leurs sabots les mots sont des traces (chéres au poète René Char) qui nous font réver…
Traces d’une chevauchée fantastique qu’est une vie aboutie !
Ce poème mèle subtillement et avec une élégance toute « équine » un passé dramatique o combien et un présent pacifié. La puissance tragique de l’évocation du débarquement à Utah Beach est contrebalancée par la beauté et le bonheur de ces chevaux pur-sang libres de respirer à plein poumons l’air marin.
Ce sont les mots du poéte, soigneusement choisis qui traduisent avec brio et concision l’enfer vécu par ces jeunes soldats qu’il nous faut garder en mémoire.
Ode à Hussar
De l’écurie du Cast, ma dernière monture
A toi Hussar je vais parler, toi qui le dernier a porté ma carcasse pour que j’assouvisse mon désir de pouvoir ; à toi je veux dire la JOIE d’avoir été, ma vie durant, un ami du cheval.
« Avoir assouvi mon désir de pouvoir » ? Oui, mais avoir aussi facilité ta domestication, non ?
Noble animal ! Notre histoire commune est une parabole qui dévoile aux enfants ce qu’ils vont devenir.
Ami du chevalier que tu portes et emmènes jusqu’en Palestine, compagnon des Vandales, des Cosaques, des Apaches et des Sioux, associé aux conquêtes, dompté pour être aussi complice de tourments ; avec hussards et cuirassiers, dragons et chasseurs, spahis et grenadiers, tu as été de tous leurs combats, mais tu n’as pas tué toi, au moins ! Tu as vu combien l’homme est un loup pour l’homme et tu l’as supporté.
Aujourd’hui que devient ta rencontre avec l’homme ? Tu continues de vivre avec lui sa démence en courant en paquet sur des pistes cendrées, attelé d’un sulky ou portant un bout d’homme qui mouline et cravache pour te faire allonger et sauter le bull finch. Tu acceptes aussi de porter picador dans l’arène où se meurt ton frère le taureau. Souvent encore on te trouve en forêt aux trousses du gibier et au son de la trompe tu assistes au bout à la mort du chevreuil servi par le piqueur.
Et que dire de tes frères qui ont tous succombés il y a plus de 100 ans dans une immense guerre, 1er conflit mondial dans un siècle qui en comptera deux. Ce fut un massacre chevalin par la faute des hommes, et QUI, auprès de vous, race animale amie, en a demandé pardon ?
L’homme dit qu’il te dresse. Mais qui dresse qui ? N’est-ce pas plutôt toi, cheval, qui dresse l’homme, qui le sort de sa glèbe et l’élève du sol, qui lui fait vivre un rêve et l’invite à l’effort, pour sortir de ses schémas humains et s’ouvrir et s’offrir à ceux d’un autre monde, du monde chevalin ?
Ce monde est merveilleux : il est fait de chaleur, de rondeur, de douceur ; il est fait de beauté, de fierté, d’habileté ; il est fait de vitesse, de hardiesse, de tendresse ; il est fait de déboires, de victoires et de belles histoires.
Ma belle histoire avec toi, Hussar, a été la dernière. Je n’aurai plus la joie de demander le trot en pressant légèrement les mollets sur tes flancs ; je ne connaîtrai plus la griserie du galop qu’on prend en déplaçant sa jambe intérieure et traversant la croupe ; je ne crânerai plus en marchant de côté par le simple appuyer sur l’un des étriers, ou le rassembler en engageant les hanches par antéversion de mon bassin ; je ne m’élèverai plus du sol avec toi, accompagnant ton geste en me faisant petit et léger au planer sur l’obstacle, pour te permettre à toi de respecter les barres et couvrir leur profil jusqu’à te regrouper pour amorcer la réception que j’encaisse sans heurt restant près du pommeau, sans perdre du regard le fil de mon parcours et du saut à venir que nous ferons – ensemble – mais surtout toi, pas vrai ? (Moi je ne fais que suivre … Mais dis-moi, si je n’étais pas là, pour vaincre, irais-tu sauter seul et si haut, pour ta gloire ?)
Quels garçons désormais se bousculent pour te voir ? L’âcre parfum des écuries, l’odeur des cuirs et des litières n’attirent plus les gars. L’apocalypse annoncée n’est pas la fin de l’aventure, c’est une aurore qui démarre, Hussar, pour toi et tes congénères, l’avènement d’une ère heureuse : celle des cavalières. Le mythe des amazones devient réalité. La femme est l’avenir de l’homme et l’homme a cédé sa conquête pour qu’elle s’ennoblisse encore et toujours. Le paradis de la terre est sur le dos des chevaux. Vous l’avez compris, les filles. Profitez-en sans modération, car en compétition il n’y a plus l’homme ou la femme, il y a le cheval et la jument – l’animal – et c’est lui qui gagne !
A la lecture de ce texte nous comprenons que depuis que Pierre et Hussar ont croisés leurs chemins, leur destin s’est enlacé. Cette Ode profondément généreuse dans sa sincérité nous ouvre les portes d’un monde que les non-initiés (dont je fais partie) ne connaissent pas: le monde fabuleux de l’équitation.
Pierre et Hussar ont formé un duo uni se valorisant mutuellement.
Cette Ode emplie de gratitude est aussi un adieu définif à ce compagnon de longue date, adieu à la joie de s’échapper de la pesanteur terrestre en galopant pour s’élever vers l’infini…
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Poème d’Anne Bataille (lu par Michèle Pettazzoni )
J’aime caracoler avec elle
Elle fend la bise
Elle a des ailes
Sa robe grise brille au soleil
Elle aborde les virages avec fougue
Elle passe partout
Franchit les gués et s’éclabousse
Elle n’a peur de rien
Les chemins creux l’attirent
Elle n’a pas d’âge
Je l’aime bien, ma 2 CH !!!
Anne Bataille
MON CHEVAL A MOI
Entre nous, ni maitre, ni bête soumise
Un pacte muet est né, sans témoin ni cornemuse
Un accord tacite, un amour simple et souverain.
Des yeux profonds confondant mes silences,
Une réponse à mes peurs, à mon impatience,
Ses élans, d’un bond révèlent un serment
Gravé dans les portes de l’infini, de l’horizon
Ses pas lent se muent en trot puis en galop,
Deux coeurs enchaînées par le même amour,
Une soif de liberté à chaque pas revendiquée
Sans peur, le cheval galope, sa crinière danse, flamboie,
Ses sabots frappent le sol sans pitié, résonnent sans voix.
Chaque Galop, écrit sur le sol, une liberté sans parole
Dans ces cours moments, nous ne faisons qu’un
Cette proximité renforce notre amitié ,notre lien.
Il traverse les forêts, les plaines, gravit les montagne
Narine au vent, épousant tous les chemins de cocagne
Sa force sauvage éblouit, messager entre ciel et terre,
Sa royal élégance légendaire, émeut les âmes qu’il conquiert
Sous sa force, sa toute-puissance, un coeur bat en silence
Celui du cheval, lui de l’homme l’ami, dont on peut être fier
Il porte sa force et sa liberté en bandoulière sur sa crinière…
Jasmine Zemouli le 21 Février 2026
A été évoqué le poeme « Le cheval » de Louise De Vilmorin
Extase
J’enfourche le cheval du rêve
les mouettes quittent la grève
leurs cris accompagnant l’envol
vers les astres qui batifolent.
C’est le ciel entier qui m’aspire
les arbres bruissent de plaisir
ma cuisse enserre l’animal
comme une main les fleurs du mal.
Michèle PETTAZZONI
Animaux égarés
Petits chevaux tagués
sur un mur fatigué
le soleil vous inonde
éblouissant un monde.
Peut-être qu’à minuit
tout en catimini
quitterez pour l’obscur
votre précaire mur…
Rejoindrez dans la grotte
le fier cheval qui trotte
par une nuit sans vents
à la crinière du temps ?
Michèle PETTAZZONI
Les chevaux du temps qui passe
Le cheval blond de mon enfance
Trottinait dans les chemins creux :
Sabots de feu, crinière dense,
Mon beau cheval, libre et heureux.
Le cheval bai de ma jeunesse
Aux longues jambes de pur-sang,
Champion de saut et de vitesse,
M’a emportée, dans son élan
.
Le cheval roux des jours d’ automne
Qu’un parcours a fait trébucher
Dans l’éclair d’un galop qui tonne,
Ne s’est plus jamais relevé.
Le cheval noir de la vieillesse
M’emporte à pas lents vers la nuit.
Aujourd’hui, mes rêves caressent
Les flancs creusés d’un cheval gris.
Yvonne Le Meur-Rollet, février 2026
Vieillir la belle affaire quand les chevaux de l’imagination d’Yvonne trottent, galoppent puis marchent au pas à travers les ages. Sous leurs sabots les mots sont des traces (chéres au poète René Char) qui nous font réver…
Traces d’une chevauchée fantastique qu’est une vie aboutie !
Normandie
Utah Beach résonne des sabots des chevaux
Et des cris des jockeys qui tancent les pur-sang.
La mer a dévoré les brassées d’écheveaux
Comme elle a englouti par le passé le sang.
Sur le sable brillant les trotteurs pétaradent
En salves sans répit sous l’effet de l’écho.
Ils sortent du brouillard sans faire de ruades
À l’envers des marins mitraillés illico.
Absorbé par le ciel, la brume disparaît
Laissant aux équidés l’odeur iodée de l’air.
Aux courses suit le pas tant haletant qu’était
Le soldat survivant qui traversait l’enfer.
L’embrun et le soleil éclairent un cheval
Qui s’ébroue dans la baie libérée du voilage.
C’est un joli moment de plaisir estival
Qui n’effacera pas les horreurs de la plage.
Ce poème mèle subtillement et avec une élégance toute « équine » un passé dramatique o combien et un présent pacifié. La puissance tragique de l’évocation du débarquement à Utah Beach est contrebalancée par la beauté et le bonheur de ces chevaux pur-sang libres de respirer à plein poumons l’air marin.
Ce sont les mots du poéte, soigneusement choisis qui traduisent avec brio et concision l’enfer vécu par ces jeunes soldats qu’il nous faut garder en mémoire.
Un texte de Pierre DUCHON ( Lu par l’auteur)
Ode à Hussar
De l’écurie du Cast, ma dernière monture
A toi Hussar je vais parler, toi qui le dernier a porté ma carcasse pour que j’assouvisse mon désir de pouvoir ; à toi je veux dire la JOIE d’avoir été, ma vie durant, un ami du cheval.
« Avoir assouvi mon désir de pouvoir » ? Oui, mais avoir aussi facilité ta domestication, non ?
Noble animal ! Notre histoire commune est une parabole qui dévoile aux enfants ce qu’ils vont devenir.
Ami du chevalier que tu portes et emmènes jusqu’en Palestine, compagnon des Vandales, des Cosaques, des Apaches et des Sioux, associé aux conquêtes, dompté pour être aussi complice de tourments ; avec hussards et cuirassiers, dragons et chasseurs, spahis et grenadiers, tu as été de tous leurs combats, mais tu n’as pas tué toi, au moins ! Tu as vu combien l’homme est un loup pour l’homme et tu l’as supporté.
Aujourd’hui que devient ta rencontre avec l’homme ? Tu continues de vivre avec lui sa démence en courant en paquet sur des pistes cendrées, attelé d’un sulky ou portant un bout d’homme qui mouline et cravache pour te faire allonger et sauter le bull finch. Tu acceptes aussi de porter picador dans l’arène où se meurt ton frère le taureau. Souvent encore on te trouve en forêt aux trousses du gibier et au son de la trompe tu assistes au bout à la mort du chevreuil servi par le piqueur.
Et que dire de tes frères qui ont tous succombés il y a plus de 100 ans dans une immense guerre, 1er conflit mondial dans un siècle qui en comptera deux. Ce fut un massacre chevalin par la faute des hommes, et QUI, auprès de vous, race animale amie, en a demandé pardon ?
L’homme dit qu’il te dresse. Mais qui dresse qui ? N’est-ce pas plutôt toi, cheval, qui dresse l’homme, qui le sort de sa glèbe et l’élève du sol, qui lui fait vivre un rêve et l’invite à l’effort, pour sortir de ses schémas humains et s’ouvrir et s’offrir à ceux d’un autre monde, du monde chevalin ?
Ce monde est merveilleux : il est fait de chaleur, de rondeur, de douceur ; il est fait de beauté, de fierté, d’habileté ; il est fait de vitesse, de hardiesse, de tendresse ; il est fait de déboires, de victoires et de belles histoires.
Ma belle histoire avec toi, Hussar, a été la dernière. Je n’aurai plus la joie de demander le trot en pressant légèrement les mollets sur tes flancs ; je ne connaîtrai plus la griserie du galop qu’on prend en déplaçant sa jambe intérieure et traversant la croupe ; je ne crânerai plus en marchant de côté par le simple appuyer sur l’un des étriers, ou le rassembler en engageant les hanches par antéversion de mon bassin ; je ne m’élèverai plus du sol avec toi, accompagnant ton geste en me faisant petit et léger au planer sur l’obstacle, pour te permettre à toi de respecter les barres et couvrir leur profil jusqu’à te regrouper pour amorcer la réception que j’encaisse sans heurt restant près du pommeau, sans perdre du regard le fil de mon parcours et du saut à venir que nous ferons – ensemble – mais surtout toi, pas vrai ? (Moi je ne fais que suivre … Mais dis-moi, si je n’étais pas là, pour vaincre, irais-tu sauter seul et si haut, pour ta gloire ?)
Quels garçons désormais se bousculent pour te voir ? L’âcre parfum des écuries, l’odeur des cuirs et des litières n’attirent plus les gars. L’apocalypse annoncée n’est pas la fin de l’aventure, c’est une aurore qui démarre, Hussar, pour toi et tes congénères, l’avènement d’une ère heureuse : celle des cavalières. Le mythe des amazones devient réalité. La femme est l’avenir de l’homme et l’homme a cédé sa conquête pour qu’elle s’ennoblisse encore et toujours. Le paradis de la terre est sur le dos des chevaux. Vous l’avez compris, les filles. Profitez-en sans modération, car en compétition il n’y a plus l’homme ou la femme, il y a le cheval et la jument – l’animal – et c’est lui qui gagne !
A la lecture de ce texte nous comprenons que depuis que Pierre et Hussar ont croisés leurs chemins, leur destin s’est enlacé. Cette Ode profondément généreuse dans sa sincérité nous ouvre les portes d’un monde que les non-initiés (dont je fais partie) ne connaissent pas: le monde fabuleux de l’équitation.
Pierre et Hussar ont formé un duo uni se valorisant mutuellement.
Cette Ode emplie de gratitude est aussi un adieu définif à ce compagnon de longue date, adieu à la joie de s’échapper de la pesanteur terrestre en galopant pour s’élever vers l’infini…