« Fenêtres ouvertes » thème du premier apéro-poétique de l’année 2026.

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9 réponses à « Fenêtres ouvertes » thème du premier apéro-poétique de l’année 2026.

  1. Yvonne Le Meur-Rollet dit :

    Un poème de Ninette, sur le thème
    ( lu par PIERRE DUCHON)

    Rêve et prière

    Assise sur le bord de ma fenêtre ouverte
    Je rêve et laisse errer mes yeux dans le lointain.
    Devant le soir qui tombe et la route déserte,
    Pourquoi, pourquoi rêver et s’attrister en vain ?

    Je n’aime pas sentir ainsi mon coeur inerte …
    Il restera, ce soir, confiant et serein
    Pour remercier Dieu de la journée offerte
    Et lui redemander ses grâces pour demain !

  2. Michèle PETTAZZONI dit :

    Fenêtre ouverte
     
    J’ai laissé la fenêtre ouverte …
    Des cris, des rires, des chansons
    pénètrent vifs dans ma maison
    toute une joie de vivre offerte.
     
    Je reconnais les voix, les chants,
    frais reflets de tous mes enfants
    que j’aime leurs intonations
    si familières mais secrètes.
     
    Aïeule … suis vieille à présent !
    Vous le dirai-je sans façon ?
    Il n’y a pas de bon vieux temps,
    il y a la vie … qui se répète !
     
    Michèle PETTAZZONI

  3. Yvonne Le Meur-Rollet dit :

    POUR INFO .
    Si vous ne parvenez pas à envoyer vos textes sur le site, vous pouvez me les transmettre par mail, je me chargerai volontiers de les faire paraître . Yvonne Rollet

    Autre lecture conseillée par Anne Bataille et Pierre Duchon sur le thème:
    un texte de Heather Dohollau, poétesse galloise ancienne bibliothécaire de Saint-rieuc.

    Il est situé dans le recueil « matière de lumière » éditions Folle Avoine. C’est le 4ème poème de la dernière partie intitulée « Fenêtres ».

  4. Yvonne Le Meur-Rollet dit :

    Brise marine
    Un poème de Stéphane Mallarmé (1842-1898), lu par Marie-Claire.

    La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres.
    Fuir ! là-bas fuir ! Je sens que des oiseaux sont ivres
    D’être parmi l’écume inconnue et les cieux !
    Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux
    Ne retiendra ce cœur qui dans la mer se trempe
    Ô nuits ! ni la clarté déserte de ma lampe
    Sur le vide papier que la blancheur défend,
    Et ni la jeune femme allaitant son enfant.

    Je partirai ! Steamer balançant ta mâture
    Lève l’ancre pour une exotique nature !
    Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,
    Croit encore à l’adieu suprême des mouchoirs !
    Et, peut-être, les mâts, invitant les orages
    Sont-ils de ceux qu’un vent penche sur les naufrages
    Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots…

    Mais, ô mon cœur, entends le chant des matelots !

    Stéphane Mallarmé

  5. Yvonne Le Meur-Rollet dit :

    Un poème de Jean-Yves HUET ( lu par l’auteur)
    Fenêtre d’hiver

    La bise glaciale de janvier
    Joue sèchement avec ma fenêtre
    Eprouvant sa peinture écaillée
    A l’aube d’un jour à naître

    En va et vient capricieux, le vantail
    Sasse l’air en violents flux alternants.
    Quand l’un, sournoisement l’entrebaille
    L’autre le rabat sans ménagement.

    Du dehors siffle un souffle incisif
    Forçant passage entre les battants.
    L’intérieur exhale l’esprit pensif
    Colporteur ingénu à tous les vents

    J’aime ce dialogue éolien
    qui m’adresse les soupirs du monde
    Alors qu’il diffuse à tous les lointains
    les sentiments dont mon cœur abonde.

    Fenêtre d’hiver, béance osée
    Tacite invitation au partage
    Sur les chemins du ciel proposée
    Pour les quatre saisons du courage.

    Jean-Yves HUET 23 janvier 2026

  6. Yvonne Le Meur-Rollet dit :

    Un poème de Paul Eluard, lu par Joëlle Meilleray

    La nuit n’est jamais complète.
    Il y a toujours puisque je le dis,
    Puisque je l’affirme,
    Au bout du chagrin,
    une fenêtre ouverte,
    une fenêtre éclairée.
    Il y a toujours un rêve qui veille,
    désir à combler,
    faim à satisfaire,
    un cœur généreux,
    une main tendue,
    une main ouverte,
    des yeux attentifs,
    une vie : la vie à se partager.

    Paul Éluard, extrait du recueil Derniers poèmes d’amour

  7. Dominique Mongodin dit :

    Errance

    Elle fuit son rideau
    En trouvant la ressource
    De quitter son fardeau
    Pour faire quelque course…
    Puis se traîne aux étals
    En recherche de lot
    De racontars banals
    À bon prix s’il le faut.

    Durant son processus
    Guette la connaissance
    Qui lui livrera plus
    Sur ton de confidence.
    Elle doit faire vite
    Quand le ciel assombri
    La soumet et l’incite
    À rechercher l’abri.

    Il serait trop dommage
    Qu’un cheveu de chagrin
    Ne connaisse l’outrage
    De friser sous un grain.
    Depuis qu’il est parti
    Elle a accepté d’être
    Celle qui vit l’ennui
    Derrière sa fenêtre.

    C’est à la voir s’étendre
    Dans sa lente habitude
    Que j’arrive à comprendre
    Ce qu’est la solitude.

  8. Dominique Mongodin dit :

    BOOM !

    Les cases sont cochées sur un tableau sans fin
    Tant son immensité ne présage de rien.
    Au début, c’est facile, il n’y a pas de piège
    L’algorithme obéit au rythme d’un arpège.

    Un, deux, trois, quatre et cinq. Rarement six, sept, huit.
    Chaque endroit est mystère puis est satisfecit
    Sous l’effet du déclic aisément impulsé
    Par le doigt affuté d’un maître du P.C.

    Rapidement le goût d’un succès se fait voir.
    Mais l’instrument reprend son droit et son pouvoir,
    Imposant au joueur le calcul et le doute
    Jusqu’à lui suggérer le risque de déroute.

    Ainsi, c’est l’appareil, impartial et sans cœur
    Qui domine l’humain, obsessif et moqueur.
    La chose est addictive et l’incite au hasard
    Plutôt qu’à réfléchir et à gagner plus tard.

    Parfois des coups abscons redonnent espérance
    Au cyber-connecté qui entrevoit la chance
    De parvenir au but et d’en goûter l’ardeur.
    Mais d’un clic trop confiant, il perd au démineur.

  9. Yvonne Le Meur-Rollet dit :

    Poème Lu par Pierre Duchon
    La fenêtre
    ( à la manière de Francis Ponge)
    Une fenêtre comporte un cadre de bois, de métal ou de polychlorure de vinyle rigide. Sur ce cadre- appelé aussi bâti, dormant ou châssis- sont fixés des gonds supportant une partie mobile et vitrée composée en général de deux battants.
    Chaque fenêtre possède une poignée de métal ou de matière plastique qui, lorsqu’on la tourne, la soulève ou l’abaisse, actionne une crémone dont le mécanisme assure l’ouverture ou la fermeture de la croisée. Celle-ci, haut rectangle découpé dans le mur, comme un rêve de traversée qui a fendu les pierres, est solidement accrochée entre ses montants.
    Fermée, elle protège du vent, de la pluie, du froid et du bruit ceux qui sont à l’abri derrière elle. Ses vitres laissent passer la lumière du jour le regard de la lune par ciel clair ou la lueur des réverbères dans les rues des villes qui sont si belles la nuit.
    La fenêtre, du fait de sa transparence, permet l’évasion des soupirs, des élans, des désirs, des projets de ceux qui se sentent prisonniers derrière ses croisillons et ses carreaux.
    Mais lorsqu’elle est ouverte, le monde entier s’y engouffre avec ses parfums, ses couleurs, ses souffles, ses scintillements ses reflets, ses mirages, son vacarme et la saveur âcre et sauvage de la liberté à conquérir…
    Ainsi, la fenêtre, en s’ouvrant, cesse d’être un barrage. Elle devient un seuil qui accueille le tremblement des feuilles, le silence des oiseaux avant l’orage les appels de ceux qui réclament de l’aide depuis leurs lointaines frontières.
    Si tu ouvres ta fenêtre, tu sens pénétrer en toi l’existence mystérieuse des êtres et des choses du dehors et tu perçois le murmure secret des mots qui se cachent derrière les apparences. Tu t’emplis alors de fraternité, de musique et de poésie.
    Yvonne Le Meur(Rollet- janvier 2026

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