Un poème de Ninette, sur le thème
( lu par PIERRE DUCHON)
Rêve et prière
Assise sur le bord de ma fenêtre ouverte
Je rêve et laisse errer mes yeux dans le lointain.
Devant le soir qui tombe et la route déserte,
Pourquoi, pourquoi rêver et s’attrister en vain ?
Je n’aime pas sentir ainsi mon coeur inerte …
Il restera, ce soir, confiant et serein
Pour remercier Dieu de la journée offerte
Et lui redemander ses grâces pour demain !
POUR INFO .
Si vous ne parvenez pas à envoyer vos textes sur le site, vous pouvez me les transmettre par mail, je me chargerai volontiers de les faire paraître . Yvonne Rollet
Autre lecture conseillée par Anne Bataille et Pierre Duchon sur le thème:
un texte de Heather Dohollau, poétesse galloise ancienne bibliothécaire de Saint-rieuc.
Il est situé dans le recueil « matière de lumière » éditions Folle Avoine. C’est le 4ème poème de la dernière partie intitulée « Fenêtres ».
Brise marine
Un poème de Stéphane Mallarmé (1842-1898), lu par Marie-Claire.
La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres.
Fuir ! là-bas fuir ! Je sens que des oiseaux sont ivres
D’être parmi l’écume inconnue et les cieux !
Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux
Ne retiendra ce cœur qui dans la mer se trempe
Ô nuits ! ni la clarté déserte de ma lampe
Sur le vide papier que la blancheur défend,
Et ni la jeune femme allaitant son enfant.
Je partirai ! Steamer balançant ta mâture
Lève l’ancre pour une exotique nature !
Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,
Croit encore à l’adieu suprême des mouchoirs !
Et, peut-être, les mâts, invitant les orages
Sont-ils de ceux qu’un vent penche sur les naufrages
Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots…
Un poème de Jean-Yves HUET ( lu par l’auteur)
Fenêtre d’hiver
La bise glaciale de janvier
Joue sèchement avec ma fenêtre
Eprouvant sa peinture écaillée
A l’aube d’un jour à naître
En va et vient capricieux, le vantail
Sasse l’air en violents flux alternants.
Quand l’un, sournoisement l’entrebaille
L’autre le rabat sans ménagement.
Du dehors siffle un souffle incisif
Forçant passage entre les battants.
L’intérieur exhale l’esprit pensif
Colporteur ingénu à tous les vents
J’aime ce dialogue éolien
qui m’adresse les soupirs du monde
Alors qu’il diffuse à tous les lointains
les sentiments dont mon cœur abonde.
Fenêtre d’hiver, béance osée
Tacite invitation au partage
Sur les chemins du ciel proposée
Pour les quatre saisons du courage.
La nuit n’est jamais complète.
Il y a toujours puisque je le dis,
Puisque je l’affirme,
Au bout du chagrin,
une fenêtre ouverte,
une fenêtre éclairée.
Il y a toujours un rêve qui veille,
désir à combler,
faim à satisfaire,
un cœur généreux,
une main tendue,
une main ouverte,
des yeux attentifs,
une vie : la vie à se partager.
Paul Éluard, extrait du recueil Derniers poèmes d’amour
Elle fuit son rideau
En trouvant la ressource
De quitter son fardeau
Pour faire quelque course…
Puis se traîne aux étals
En recherche de lot
De racontars banals
À bon prix s’il le faut.
Durant son processus
Guette la connaissance
Qui lui livrera plus
Sur ton de confidence.
Elle doit faire vite
Quand le ciel assombri
La soumet et l’incite
À rechercher l’abri.
Il serait trop dommage
Qu’un cheveu de chagrin
Ne connaisse l’outrage
De friser sous un grain.
Depuis qu’il est parti
Elle a accepté d’être
Celle qui vit l’ennui
Derrière sa fenêtre.
C’est à la voir s’étendre
Dans sa lente habitude
Que j’arrive à comprendre
Ce qu’est la solitude.
Les cases sont cochées sur un tableau sans fin
Tant son immensité ne présage de rien.
Au début, c’est facile, il n’y a pas de piège
L’algorithme obéit au rythme d’un arpège.
Un, deux, trois, quatre et cinq. Rarement six, sept, huit.
Chaque endroit est mystère puis est satisfecit
Sous l’effet du déclic aisément impulsé
Par le doigt affuté d’un maître du P.C.
Rapidement le goût d’un succès se fait voir.
Mais l’instrument reprend son droit et son pouvoir,
Imposant au joueur le calcul et le doute
Jusqu’à lui suggérer le risque de déroute.
Ainsi, c’est l’appareil, impartial et sans cœur
Qui domine l’humain, obsessif et moqueur.
La chose est addictive et l’incite au hasard
Plutôt qu’à réfléchir et à gagner plus tard.
Parfois des coups abscons redonnent espérance
Au cyber-connecté qui entrevoit la chance
De parvenir au but et d’en goûter l’ardeur.
Mais d’un clic trop confiant, il perd au démineur.
Poème Lu par Pierre Duchon
La fenêtre
( à la manière de Francis Ponge)
Une fenêtre comporte un cadre de bois, de métal ou de polychlorure de vinyle rigide. Sur ce cadre- appelé aussi bâti, dormant ou châssis- sont fixés des gonds supportant une partie mobile et vitrée composée en général de deux battants.
Chaque fenêtre possède une poignée de métal ou de matière plastique qui, lorsqu’on la tourne, la soulève ou l’abaisse, actionne une crémone dont le mécanisme assure l’ouverture ou la fermeture de la croisée. Celle-ci, haut rectangle découpé dans le mur, comme un rêve de traversée qui a fendu les pierres, est solidement accrochée entre ses montants.
Fermée, elle protège du vent, de la pluie, du froid et du bruit ceux qui sont à l’abri derrière elle. Ses vitres laissent passer la lumière du jour le regard de la lune par ciel clair ou la lueur des réverbères dans les rues des villes qui sont si belles la nuit.
La fenêtre, du fait de sa transparence, permet l’évasion des soupirs, des élans, des désirs, des projets de ceux qui se sentent prisonniers derrière ses croisillons et ses carreaux.
Mais lorsqu’elle est ouverte, le monde entier s’y engouffre avec ses parfums, ses couleurs, ses souffles, ses scintillements ses reflets, ses mirages, son vacarme et la saveur âcre et sauvage de la liberté à conquérir…
Ainsi, la fenêtre, en s’ouvrant, cesse d’être un barrage. Elle devient un seuil qui accueille le tremblement des feuilles, le silence des oiseaux avant l’orage les appels de ceux qui réclament de l’aide depuis leurs lointaines frontières.
Si tu ouvres ta fenêtre, tu sens pénétrer en toi l’existence mystérieuse des êtres et des choses du dehors et tu perçois le murmure secret des mots qui se cachent derrière les apparences. Tu t’emplis alors de fraternité, de musique et de poésie.
Yvonne Le Meur(Rollet- janvier 2026
Un poème de Ninette, sur le thème
( lu par PIERRE DUCHON)
Rêve et prière
Assise sur le bord de ma fenêtre ouverte
Je rêve et laisse errer mes yeux dans le lointain.
Devant le soir qui tombe et la route déserte,
Pourquoi, pourquoi rêver et s’attrister en vain ?
Je n’aime pas sentir ainsi mon coeur inerte …
Il restera, ce soir, confiant et serein
Pour remercier Dieu de la journée offerte
Et lui redemander ses grâces pour demain !
Fenêtre ouverte
J’ai laissé la fenêtre ouverte …
Des cris, des rires, des chansons
pénètrent vifs dans ma maison
toute une joie de vivre offerte.
Je reconnais les voix, les chants,
frais reflets de tous mes enfants
que j’aime leurs intonations
si familières mais secrètes.
Aïeule … suis vieille à présent !
Vous le dirai-je sans façon ?
Il n’y a pas de bon vieux temps,
il y a la vie … qui se répète !
Michèle PETTAZZONI
POUR INFO .
Si vous ne parvenez pas à envoyer vos textes sur le site, vous pouvez me les transmettre par mail, je me chargerai volontiers de les faire paraître . Yvonne Rollet
Autre lecture conseillée par Anne Bataille et Pierre Duchon sur le thème:
un texte de Heather Dohollau, poétesse galloise ancienne bibliothécaire de Saint-rieuc.
Il est situé dans le recueil « matière de lumière » éditions Folle Avoine. C’est le 4ème poème de la dernière partie intitulée « Fenêtres ».
Brise marine
Un poème de Stéphane Mallarmé (1842-1898), lu par Marie-Claire.
La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres.
Fuir ! là-bas fuir ! Je sens que des oiseaux sont ivres
D’être parmi l’écume inconnue et les cieux !
Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux
Ne retiendra ce cœur qui dans la mer se trempe
Ô nuits ! ni la clarté déserte de ma lampe
Sur le vide papier que la blancheur défend,
Et ni la jeune femme allaitant son enfant.
Je partirai ! Steamer balançant ta mâture
Lève l’ancre pour une exotique nature !
Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,
Croit encore à l’adieu suprême des mouchoirs !
Et, peut-être, les mâts, invitant les orages
Sont-ils de ceux qu’un vent penche sur les naufrages
Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots…
Mais, ô mon cœur, entends le chant des matelots !
Stéphane Mallarmé
Un poème de Jean-Yves HUET ( lu par l’auteur)
Fenêtre d’hiver
La bise glaciale de janvier
Joue sèchement avec ma fenêtre
Eprouvant sa peinture écaillée
A l’aube d’un jour à naître
En va et vient capricieux, le vantail
Sasse l’air en violents flux alternants.
Quand l’un, sournoisement l’entrebaille
L’autre le rabat sans ménagement.
Du dehors siffle un souffle incisif
Forçant passage entre les battants.
L’intérieur exhale l’esprit pensif
Colporteur ingénu à tous les vents
J’aime ce dialogue éolien
qui m’adresse les soupirs du monde
Alors qu’il diffuse à tous les lointains
les sentiments dont mon cœur abonde.
Fenêtre d’hiver, béance osée
Tacite invitation au partage
Sur les chemins du ciel proposée
Pour les quatre saisons du courage.
Jean-Yves HUET 23 janvier 2026
Un poème de Paul Eluard, lu par Joëlle Meilleray
La nuit n’est jamais complète.
Il y a toujours puisque je le dis,
Puisque je l’affirme,
Au bout du chagrin,
une fenêtre ouverte,
une fenêtre éclairée.
Il y a toujours un rêve qui veille,
désir à combler,
faim à satisfaire,
un cœur généreux,
une main tendue,
une main ouverte,
des yeux attentifs,
une vie : la vie à se partager.
Paul Éluard, extrait du recueil Derniers poèmes d’amour
Errance
Elle fuit son rideau
En trouvant la ressource
De quitter son fardeau
Pour faire quelque course…
Puis se traîne aux étals
En recherche de lot
De racontars banals
À bon prix s’il le faut.
Durant son processus
Guette la connaissance
Qui lui livrera plus
Sur ton de confidence.
Elle doit faire vite
Quand le ciel assombri
La soumet et l’incite
À rechercher l’abri.
Il serait trop dommage
Qu’un cheveu de chagrin
Ne connaisse l’outrage
De friser sous un grain.
Depuis qu’il est parti
Elle a accepté d’être
Celle qui vit l’ennui
Derrière sa fenêtre.
C’est à la voir s’étendre
Dans sa lente habitude
Que j’arrive à comprendre
Ce qu’est la solitude.
BOOM !
Les cases sont cochées sur un tableau sans fin
Tant son immensité ne présage de rien.
Au début, c’est facile, il n’y a pas de piège
L’algorithme obéit au rythme d’un arpège.
Un, deux, trois, quatre et cinq. Rarement six, sept, huit.
Chaque endroit est mystère puis est satisfecit
Sous l’effet du déclic aisément impulsé
Par le doigt affuté d’un maître du P.C.
Rapidement le goût d’un succès se fait voir.
Mais l’instrument reprend son droit et son pouvoir,
Imposant au joueur le calcul et le doute
Jusqu’à lui suggérer le risque de déroute.
Ainsi, c’est l’appareil, impartial et sans cœur
Qui domine l’humain, obsessif et moqueur.
La chose est addictive et l’incite au hasard
Plutôt qu’à réfléchir et à gagner plus tard.
Parfois des coups abscons redonnent espérance
Au cyber-connecté qui entrevoit la chance
De parvenir au but et d’en goûter l’ardeur.
Mais d’un clic trop confiant, il perd au démineur.
Poème Lu par Pierre Duchon
La fenêtre
( à la manière de Francis Ponge)
Une fenêtre comporte un cadre de bois, de métal ou de polychlorure de vinyle rigide. Sur ce cadre- appelé aussi bâti, dormant ou châssis- sont fixés des gonds supportant une partie mobile et vitrée composée en général de deux battants.
Chaque fenêtre possède une poignée de métal ou de matière plastique qui, lorsqu’on la tourne, la soulève ou l’abaisse, actionne une crémone dont le mécanisme assure l’ouverture ou la fermeture de la croisée. Celle-ci, haut rectangle découpé dans le mur, comme un rêve de traversée qui a fendu les pierres, est solidement accrochée entre ses montants.
Fermée, elle protège du vent, de la pluie, du froid et du bruit ceux qui sont à l’abri derrière elle. Ses vitres laissent passer la lumière du jour le regard de la lune par ciel clair ou la lueur des réverbères dans les rues des villes qui sont si belles la nuit.
La fenêtre, du fait de sa transparence, permet l’évasion des soupirs, des élans, des désirs, des projets de ceux qui se sentent prisonniers derrière ses croisillons et ses carreaux.
Mais lorsqu’elle est ouverte, le monde entier s’y engouffre avec ses parfums, ses couleurs, ses souffles, ses scintillements ses reflets, ses mirages, son vacarme et la saveur âcre et sauvage de la liberté à conquérir…
Ainsi, la fenêtre, en s’ouvrant, cesse d’être un barrage. Elle devient un seuil qui accueille le tremblement des feuilles, le silence des oiseaux avant l’orage les appels de ceux qui réclament de l’aide depuis leurs lointaines frontières.
Si tu ouvres ta fenêtre, tu sens pénétrer en toi l’existence mystérieuse des êtres et des choses du dehors et tu perçois le murmure secret des mots qui se cachent derrière les apparences. Tu t’emplis alors de fraternité, de musique et de poésie.
Yvonne Le Meur(Rollet- janvier 2026