Le Printemps des Poètes à Cancale, samedi 16 mars à 18h30. A l’Amérance pôle culturel et associatif. Lecture, hommage, performance.

L’association cancalaise Musiques Nomades présente une grande soirée dédiée à la poésie. Conférence spectacle Elle sera présentée par 
Gilbert Sémana et Serge Bouvier, peintre malouin, avec un message de Jean Pierre Siméon (directeur de collection chez Gallimard), pour l’inscription de la manifestation dans le cadre du Printemps des poètes. Première partie avec les lectures des poèmes d’Antonio Montoya et Daniel Leuwers (Président de l’ass. Internationale de la critique littéraire), qui présentera le concept de livres pauvres (Exposition de livres pauvres et dédicace à l’issue du spectacle) ; avec des interventions musicales du saxophoniste Michel Devillers et une performance finale avec le guitariste Dominique Carré. Deuxième partie : Hommage à Xavier Grall poète Breton. Lecture par Claudia Leroux et interventions musicales. Troisième partie : Hommage à Bruno Edan, peintre et poète de la baie de Cancale avec Gilles Edan et Performance Delphine Durand, poétesse et conférencière. Final musical

Billetterie https://www.helloasso.com/associations/musiques-nomades/evenements/les-poetes-de-la-baie

Renseignements et réservations : musiquesnomades35@gmail.com

Lieu : L’Amérance 5 Rue Docteur et Madame Cocar 35260 Cancale

Publié dans A la Une, Evénements poétiques, Liens poétiques | Laisser un commentaire

Lecture à Haute Voix par Henri-Noël Mayaud, mercredi 13 mars à 17h30, Virginia Woolf. Bibliothèque de Lancieux.

Publié dans A la Une, Rencontres, ateliers, lectures | Laisser un commentaire

« La grâce » thème du Printemps des poètes 2024 et de l’apéro-poétique du vendredi 22 mars chez Virginie à 18h30.

Venez découvrir les poèmes et textes partagés à l’occasion du printemps des poètes et de cet apéro-poétique

Publié dans "La grâce", A la Une, Apéros poétiques, Evénements poétiques | 7 commentaires

Résistance

Mon texte fait suite à un poème de jeunesse de Missak Manouchian « Vers la France » écrit à l’orphelinat de Jounieh au Liban où il fut recueilli après avoir été rescapé du génocide arménien et avant son embarquement pour la France (1924-1925). Extrait du recueil « Ivre d’un grand rêve de liberté » des Éditions Points.

Vers la France
…Et comme l’élan du bateau toujours propulsé vers l’avant
Dans les profondeurs de la nuit marine, les eaux écumantes
Captives d’un mystère disséminé et qui vont de l’avant de leur course folle,
Ainsi vient mon esprit et va mon âme en un reflux enfiévré.
J’ai laissé derrière moi mon enfance au soleil nourrie de nature,
Et ma noire condition d’orphelin tissé de misère et de privation (…)
Je suis encore adolescent ivre d’un rêve de livre et de papier,
Je m’en vais mûrir par le labeur de la conscience et de la vie.
Le désir est infini et semblable à cette mer illimitée ;
Inexplicable, comme le mystère insondable des ténèbres …
Je désir jouir de la lumière de la sagesse et de l’art, et du vin
Et arracher dans le grand combat de la vie de précieux lauriers…

• Qu’aurais tu dit aujourd’hui Missak Manouchian ?
Nulle figure de proue accrochée au bastingage,
Les rêves disparaissent un par un dans les vagues
Et les migrants meurent dans cette mer illimitée
Résistance

• Qu’aurais tu dit aujourd’hui Missak Manouchian ?
L’orphelin tente sa chance à Paris
Et constate qu’il n’y a aucun lit
Pour un enfant, un étranger, un moins que rien
Réduit à vivre à la rue comme un chien
Résistance

• Qu’aurais tu dit aujourd’hui Missak Manouchian ?
De la désobéissance civile
Appliquée à la survie de la planète
Par les compagnons éco-terroristes ?
Résistance

• Qu’aurais tu dit aujourd’hui Missak Manouchian ?
Si tous ces résistants
De la liberté, de l’égalité, et de la fraternité
Avaient leur Affiche rouge d’assassins, de danger ?
Résistance

Alors pour que le monde bouge,
J’endeuillerais de noir les couleurs de nos rues, nos cités
Nos campagnes,
Et la mer et le ciel et les étoiles.
Résistance

Catherine C., février 2024

Publié dans Apéros poétiques | Laisser un commentaire

Capacité de résistance

Tu appris les bonnes manières,
guidé par ton père et ta mère.

Ils t’enseignèrent fermement
à obéir à tes parents,
à respecter les règlements,
à ne jamais rire trop fort,
à taire tous tes désaccords,
à choisir ton vocabulaire,
à vider prudemment ton verre,
à te tenir bien droit à table
comme on le fait chez les notables,
à ne pas lécher ton couteau,
à ne pas te curer le nez ,
surtout devant les invités,
à respecter les animaux,
à honorer les généraux,
à ne pas te laisser aller
à défendre les opprimés,
et bien sûr, à ne pas parler
de ton désir de liberté.

Face au poids de l’autorité,
tu n’as pas su te révolter,
et tu as passé ton enfance,
à ronger ton frein en silence.

Mais un jour tu as décidé ,
de ne pas devenir notaire
comme avant toi l’était ton père,
et tu as tout laissé tomber.

Tu es parti au Canada
au bord du lac Cascapédia,
vivre une vie d’homme des bois.

Un jour peut-être, on nous dira
si tu as résisté au froid…
ou pas.

Yvonne le Meur-Rollet. 23 février 2024

Texte lu par Joëlle Meilleray

Publié dans Apéros poétiques | Laisser un commentaire

Marianne ma sœur

Marianne, ma sœur
n’as-tu rien vu venir de ta plus haute tour
ni l’aigle qui louvoie ni la peste ni le froid ?
Marianne mon unique
Qui a dessiné ces horribles arcs-en-ciel
autour de tes grands yeux ?
Qui a zébré ta peau
de jaune de bleu d’effroi ?

Marianne, fille d’une république aux abois
tant de rouge a dégouliné
de ta bouche de tes oreilles
mais j’entends ta voix
Marianne, si jeune si volontaire
combien de fois ton corps
s’est plié replié déplié
sous les coups de bottes et de pelles ?

Tu es morte ma résistante
Tu es morte massacrée par des hommes
endoctrinés et cruels
Je m’interroge encore
Je m’interroge sans cesse :
« Est-ce ainsi que les hommes vivent ? »
Est-ce ainsi que des femmes meurent ?
« Je ne suis pas de ceux que l’amour console »

Hommage à la jeune résistante Marianne Cohn
Merci aux poètes Louis Aragon et Rainer Maria Rilke pour l’emprunt de deux vers.

Michèle Pettazzoni

Publié dans Apéros poétiques | Laisser un commentaire