Le JT du 19/20 de France3 Bretagne en escale à St Jacut pour la 6è édition de La Houle des mots

Voici le lien du reportage consacré à notre festival, La Houle des mots, transmis vendredi dernier (28 juillet 2023) au journal du 19/20 de France 3 Bretagne.
Voir à la 12ème minute et quelques grains de sable.
Merci à Nathalie Rossignol et son équipe

Le lien voir France 3

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la conférence « Forêt de Brocéliande » du samedi 29 à 14h salle de l’Arbre est annulée.

cette plage de temps pourra être consacrée à la visite des expositions et du salon du livre.

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Extrait du recueil « La Légende des Siècles »

Étranger ? Que signifie ce mot ?
Quoi ? Sur ce rocher j’ai moins de droits que dans ce champ ?
Quoi ? J’ai passé ce fleuve, ce sentier, cette barrière, cette ligne bleue ou rouge visible seulement sur vos cartes, et les arbres, les fleurs et le soleil ne me connaissent plus ? Quelle ineptie de prétendre que je suis moins homme sur un point de la terre que sur l’autre ! Vous me dîtes : “Nous sommes chez nous et vous n’êtes pas chez vous !” Où ? Ici ? Vous n’avez qu’à y creuser une fosse et vous verrez que la terre m’y recevra tout aussi bien que vous.

Extrait du recueil « La Légende des Siècles » de Victor Hugo – lu par Milou Hudelist.

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Trop tard

Combien d’anciennes pensées,
Gardées au fond de ma mémoire,
Ressurgissent perfides dans le silence du noir,
Me laissant un goût amer de saveur périmée.

Qu’il serait bon de revenir en arrière,
Courir sur la lande au milieu des bruyères,
M’éloigner des amourettes juvéniles
Qui prenaient dans ma tête une place inutile.

Revivre pleinement mes années d’écolière,
Remplir de pommes mon sac en bandoulière………
Oublier les mots que j’ai dits et que je n’aurais pas du,
Les choix que je n’ai pas faits mais que j’aurais du.

Tirer un trait sur les blessantes insultes,
Lancées méchamment lors d’ inutiles disputes.
Oser prendre dans mes bras enfantins,
Ma maman et lui faire un câlin,
Lui montrer mon amour, lui dire: » Je t’aime »,
Exprimer le bonheur et vivre Carpe Diem…

Sur la nostalgie le temps est passé,
Laissant dans sa traîne mes rêves surannés,
Mes vieux souvenirs sont recouverts
Par mes vieux remords et leur poussière,
Mes vieux regrets sont vains
Et je n’y peux plus rien.

Louise Montagne – juin 2024

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Trop tard

Si j’avais découvert les rives de tes bras
Au temps où nos deux corps étaient jeunes et lisses
Nos baisers auraient eu la saveur des réglisses
Nous nous serions aimés, nus et sans embarras.

J’aurais glissé vers toi dans la neige des draps,
Tu m’aurais inventé des traîneaux, des pelisses ;
Nous aurions exploré d’autres lieux de délices
Ombragés de ginkgos tout jacassants d’aras.

Aujourd’hui, je festonne en silence des rêves.
Où nous marchons, tous deux, lentement sur des grèves,
Et mon silence plonge au bleu de ton regard.

Qui aurait pu prévoir qu’au hasard de voyages,
Nous nous serions croisés, qu’empêtrés de bagages,
Nous nous serions souri, puis retrouvés, trop tard ?

Yvonne Le Meur-Rollet – recueil « Sur les sentiers de la mélancolie »

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Les façons

Il y a des façons de slamer ses ballades
Qui résonnent un peu comme un grand corps malade.
Il y en plein d’autres. Ça n’a pas d’importance,
L’essentiel pour les mots, c’est d’en trouver le sens,
Qu’on y mette des rimes, qu’on y préfère l’humeur,
Qu’on lise son poème ou quelque grand auteur,
L’important c’est d’oser, c’est d’oser pour donner
Le texte que l’on a envie de fredonner.

Il y a des façons de scander dans les rues
Qui bourdonnent au son des illusions perdues.
On chante des slogans qui gueulent nos misères
Puis on hurle à la paix pour dénoncer les guerres.
Ça peut être en manif avec les poings levés
Ou pour dire aux parents qui nous ont élevés
Ce qu’on a sur le cœur, ce qu’on a dans la main
Ce qu’on a dans le sang, c’est notre bien commun.

Il y a des façons pour lire au coin du feu
Sur ton de confidence quand on est amoureux.
Mais dans certains endroits, il est mieux de se taire,
Demander : ‘’C’était bien ?’’, ça peut vraiment déplaire.
Il y a des façons de dire à nos gamins
‘’Profite de ton âge et amuse toi bien,
N’écoute pas toujours ce que disent les grands’’.
Il faut savoir garder un peu d’âme d’enfant.

Il y a des façons que je ne comprends pas.
Celles des rois des cons qui ne se savent pas.
Qui sont des beaux parleurs aux phrases entourloupées
Qui ne nous trompent plus en chimères épopées.
Qu’importe les révoltes et les façons de dire
Qu’importe les sonnets qui chantent les désirs.
Ce qui compte est d’avoir tous les jours de l’audace
Et de pouvoir se voir le matin dans la glace.

Il y a des façons de combattre le vice
En rappant pour celui qui souffre d’injustice.
On peut aller taguer sur les murs qui sont tristes
Sans pour autant se croire parvenu un artiste.
Il y a des façons de parler des discrets
Qui sans contre partie, sans le moindre intérêt
Nous ont accompagné juste pour qu’on soit mieux
Quand on était malade ou bien nécessiteux.

Il y a des façons comme il est des endroits
Dont on fait nos quartiers, où l’on va quelques fois
Pour dire la liberté d’expression que l’on veut.
Ils sont bien ces moments où les yeux dans les yeux
On clame et on entend ce qui était caché.
Mais une fois parti, il ne faut rien lâcher,
Les mots dans les tiroirs ne sont que des malades.
Il y a tant de façons de slamer ses ballades.

Dominique Mongodin

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