Presqu’île en poésie vous invite à un nouvel apéro-poétique,
le 14 avril 2017 au bar-restaurant ‘la Goélette’,
31 Grande Rue, St-Jacut-de-la-mer à 18h30
Venez nombreux
entendre,
dire
et partager
la poésie …
Presqu’île en poésie vous invite à un nouvel apéro-poétique,
le 14 avril 2017 au bar-restaurant ‘la Goélette’,
31 Grande Rue, St-Jacut-de-la-mer à 18h30
Venez nombreux
entendre,
dire
et partager
la poésie …
L’entendez-vous la nuit
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À l’étale des hautes mers,
Noctambule, musclée, toute en pleins et déliés ;
Une grande onciale dans ses ambulations majuscules.
De hampes et jambages, l’avancée du flot s’écrit sur l’estran.
Limoneuse, l’argile alluviale farde son grand lit de vases littorales,
Sa laisse s’y prélasse sur de longs graves gris, émaillés d’écailles.
Atterrissements de miroirs galets aux fins fonds des mares.
Biseautés, captant de brefs croissants de Lune attardés
À l’émeri diamanté des caps ; où demain luit déjà.
Lueurs pierreuses célébrant la gravité
Prophétique du plein de l’eau
En pleine nuit.
▲
Jean Sanquer, 2 février 2017

L’estran © Jean-Pierre Billois
Agenda des événements de Presqu’île en poésie
14 avril, à « la Goélette », 31 Grande Rue, St-Jacut-de-la-mer : Apéro poétique à 18h30
24 avril, à l’écomusée, rue de la Noé, St-Jacut-de-la-mer : Vernissage de l’exposition des ateliers d’écritures de l’école maternelle à 16h30
Du 24 au 29 avril, expo Mots d’enfants à l’écomusée tous les jours de 15h à 18h
12 mai, au café « le Vieux Moulin », 22 rue du Moulin, St-Jacut-de-la-mer : Apéro poétique à 18h30
16 juin, au café « chez Virginie », place Landouar : Apéro poétique à 18h30
4 et 5 août, Festival « La houle des mots »
Le programme du festival est encore en préparation … merci de votre compréhension
Admin PEP
Estran Karn

Attendre que la mer ramène nos désirs,
au sec, sur le sable blanc
retrouver l’ordre du sillon ou de l’isthme
dans le désordre de la terre et de la mer, entre deux rives,
tous ces débris de formes, d’algues épaves, de bijin ruz, de melkern, de bois flottés, de songes, de desseins de destins qui s’installent sur le gourlan, la laisse de mer
l’ordre d’une phrase dans le désordre apparent des mots, des arabesques que la vague ramène de ses grandes bousculades…
Gourlan, la laisse de mer en breton, où sont disposés des fragments de voyage,
des bouts de bois et des bouts de vie allongés sur le sable,
où se répètent des histoires,
où les matières se collent aux grains de sable,
se détachent de la réalité de leurs anciennes fonctions,
se figent dans un temps qui s’écoule et s’envase entre deux marées…
….

Passer-passé,
passer d’un monde inerte, solide à un monde fluide, soluble dans les accumulations de rouille, de sable et de vase salée,
arpenter les grèves
pour contrarier un peu le temps,
les parcours imposés,
l’histoire des hommes de Portsall,
tricher avec l’inéluctable, avec la légende du roi Mac’h,
composer avec d’autres échouages,
emprunter des formes, des choses réalisées par d’autres, pour d’autres choses,
comme ramasser ces épaves de voyage…
Peindre, sculpter,
prendre des images ou leur reflet,
emprunter à la lumière ses ombres sur le sable, comme des empreintes,
écrire, signifier, donner du sens, produire des signes,
faire signe, dérouler le temps,
marquer des rythmes, énoncer des formes, et le pourquoi de telle forme,
montrer ses marques d’usure et son renouvellement…
Avec le soleil qui crée le désir d’espace…

Une île se dédouble de ses marées
Une île se mesure par ses vents, s’additionne avec chaque brin d’herbe
L’île, comme une mesure de distance
Collusion du ciel et de la terre fripée,
le vent soulève les herbes, érode les strates, épouse le ressac du temps
La côte est belle du trop plein des saisons passées, des échafaudages de brume et de mouettes
Les coqs de bruyère grattent la grâce infinie des limons de terre
L’eau gronde dans les racines, salive des réglisses d’écume sous les ardoisières de corail
L’île célèbre des remembrements de marées fertiles et dédouble les veines du temps, du temps retrouvé, les jours d’algue, à la criée des mouettes…
Sur la lande des grèves
Le tumulus a un regard de pierre, trouée par le vent, ses doigts de schiste s’enfoncent dans la terre salée
des enfants s’échappent avec des sourires pareils aux oiseaux cachés dans leurs mains
Ils savent lire les paysages à l’envers, qui buissonnent entre le bunker, le grand rocher et le four à pain pour faire de la soude
Les pêcheurs et les randonneurs mettent leurs rêves dans les pognes du vent et s’en vont parfois avec les merveilleux nuages mettre un peu de désordre dans leur tête fauve, en attendant la prochaine marée
Les légendes s’accordent avec l’eau vive et le ressac des mots
Nous ne sommes faits et défaits que de mots et d’un peu de silence autour…L’îlot, comme une promesse, une illusion d’île, pour rendre les hommes plus fraternels.
Guy Prigent, janvier 2017
sur l’estran de l’Île Karn en Finistère près de Portsall
Toujours dans le cadre du 19ème Printemps des poètes dont le thème est l’Afrique,
l’association est heureuse de vous annoncer la conférence de Jean Sanquer :

« Du littoral de l’Afrique jusqu’à nous… un balancement lunaire »
Conférence le 18 mars 2017 à 15 h au Centre Culturel de Saint-Jacut.
Il y a plus de 100 000 ans sur les grèves d’Afrique du Sud, notamment à Blombos, nos lointains ancêtres pratiquaient déjà la pêche à pied et un certain Art de l’estran. Conservées en falaise près de la plage, des préhistoriens avertis ont fait dans une caverne des trouvailles captivantes pour les fureteurs de grèves d’ici et d’ailleurs. Le thème de ce Printemps poétique 2017 étant l’Afrique, Jean Sanquer propose de réaliser – avec tous les amoureux de l’estran – un échange reliant la préhistoire littorale à notre actualité, ceci pouvant peut-être contribuer au devenir de notre presqu’île.
Atelier d’écriture, école publique de Saint-Jacut-de-la-Mer … Hiver 2016/2017
J’ai vu la Mer faire de grosses vagues
J’entends une mouette en colère qui râle
J’entends une mouette s’envoler sur la plage
J’entends le son d’un coquillage
J’entends le sable qui rigole
Camille, Margot, Gael, Raphaël, Farel
La mer qui fait des vagues
Les mouettes chantent au loin
J’ai vu un bateau qui faisait bouger la mer
J’ai vu une crevette sauter très haut
J’entends la mer déposer un poisson sur le sable
Camille, Margot, Gael, Raphaël, Farel
Les poissons bullent dans l’océan
J’ai vu une baleine avec sa maman
J’entends l’eau du coquillage
J’entends une mouette s’envoler sur la plage
Emma, Lily, Angèle, Olivier, Héléna, Awena
J’entends le bruit de l’eau comme si j’étais l’eau
J’entends le son du coquillage
J’ai vu un enfant construire un château de sable avec des coquillages et un drapeau
J’au vu un bateau qui faisait bouger la mer
Emma, Lily, Angèle, Olivier, Héléna, Awena
Les bateaux flottent sur la mer
Les canards voguent sur la mer
Le soleil se lève sur la mer
Les bateaux vont vers le large
Le brouillard se transforme en brume
et la brume empêche les bateaux de naviguer
Emma, Lily, Angèle, Olivier, Héléna, Awena
La brume reste sur la mer
La brume empêche les gens de voir la mer
Il y a le bruit de la mer
et le vent qui souffle sur la mer
les bateaux viennent vers le port
Emma, Lily, Angèle, Olivier, Héléna, Awena
L’eau, la mer, les vagues sont douces
Les coquillages roulent sur le sable
Ils font de la musique
Les mouettes chantent au loin
Les crabes jouent des pinces en faisant de la musique
Et les écailles des poissons bullent dans l’océan
Camille, Margot, Gael, Farel