Autres lectures conseillées sur le thème.
par Pierre Duchon:
Le jour où la pluie viendra ( Pierre delanoë)
Le vieux ( Jacques Brel)
par Michèle Pettazzoni :
Le pont Mirabeau ( Guillaume Apollinaire)
par Dominique Mongodin:
La chanson des vieux amants (Jacques Brel)
Ne laisse pas le jour finir sans avoir grandi un peu,
Sans être heureux, sans avoir atteint tes rêves.
Ne te laisse pas vaincre par la déception.
Ne laisse personne t’enlever le droit de parler, c’est presque un devoir.
N’abandonne pas le désir de faire de ta vie quelque chose de spécial.
Crois bien que les mots et la poésie peuvent changer le monde.
Quoi qu’il advienne, notre être profond reste intact,
Nous sommes pleinement des êtres de passion.
La vie est désert et oasis.
Nous tombons, nous avons mal, nous apprenons, nous sommes les acteurs de notre histoire,
En dépit des vents contraires, ce travail puissant continue,
Tu peux en écrire une strophe.
Ne cesse jamais de rêver, parce que dans son rêve, l’homme est libre
Ne t’abandonne pas à la pire des fautes, le silence.
La plupart des hommes vivent dans le silence. Echappe-toi !
Apprécie la beauté des choses simples.
Tu peux écrire des poèmes sur des choses simples
Mais on ne peut voguer contre soi-même
Cela fait de la vie un enfer.
Aime la peur qui te fait aller de l’avant
Vis intensément, sans médiocrité
N’oublie pas que tu es le futur et aborde cette tâche avec fierté, sans crainte,
Apprends de ceux qui peuvent t’instruire
Ne laisse pas la vie s’écouler sans vivre cela.
Insidieusement
Elle a découvert par hasard
qu’un verre ou deux emplis de bulles
réussissaient à faire tomber
sa timidité ridicule.
Soudainement désinhibée,
elle osait prendre la parole
devant tous les gens invités
à un repas un peu guindé,
se sentant pétillante et drôle.
De jour en jour, pour s’affirmer
de vernissages en cocktails
elle s’est mise à apprécier
l’alcool qui lui donnait des ailes. .
Et quand elle rentrait chez elle
en trébuchant dans l’escalier
elle pouvait enfin oublier
le poids de ses peurs etses peines.
Jour après jour elle s’est grisée
elle s’est perdue, elle s’est noyée.
Et maintenant elle est moins belle,
les joues bouffies, les yeux hagards,
dans sa cuisine où elle traîne
et dissimule dans un placard
un alignement de bouteilles. Yvonne Le Meur-Rollet, decembre 2025
Peu à peu, le ciel se fait plus lent
Quelque chose de plus pointu vient se glisser dans les entrailles
L’absence se fait nostalgie, revanche, expiation
La main perd de sa pesanteur
Il eut suffi d’un cri, qui ne viendra pas
Depuis si longtemps, elle est partie, a disparue.
La mémoire a ses frasques. Elle tourbillonne,
Se démet de ses ailes, cherche un brin d’oxygène
On ne compte plus les jours, on ne les rattrape plus
Ils prennent la poudre d’escampette,
Font un pied de nez à l’image adulée, à la beauté perdue.
Pourtant là n’est pas le vrai discours
La chambre noire n’a encore rien révélé
Le trop plein de sensible n’imprime aucune pellicule
La lumière rouge reste muette
Une saveur amère distille dans la bouche
Que faire de ce fatras de pensées disparates
Qui envahit chaque instant un peu plus l’esprit ?
La pelote de laine se fait mitaine
Une maigre chaleur se glisse entre les doigts
Et pourquoi pas ? Le salut est fait de douceurs minimes
Le charbon noir en brûlant se mue en braise et lumière
La rédemption est vraiment une drôle d’opération
Découdre la blessure à cœur ouvert n’est pas une mince affaire
Mais, de jour en jour la cicatrice se fait plus belle
La chair meurtrie dessine quelques arabesques pâles sur la peau
La grâce revient des confins comme un cheval au galop
Un sourire léger s’insinue sur les lèvres
La mâchoire relâche sa hargne, les dents se desserrent
L’air pénètre au plus profond du corps
La bouche s’ouvre plus grand, exulte, pour croquer enfin la vie à pleins poumons.
Jean-Bernard VIVET
La ligne bleue, la ligne de crête,
L’intangible, la pureté des lointains
Tout mon corps se dissout, me transporte aux confins
Tension totale du corps, du regard vers l’extrême
Et peu à peu la lumière, l’acceptation subite du monde
Dans ce qu’il a de plus profond, de plus intime
Inutile d’aller là-bas, là-bas est en nous
Le soleil joue avec les nues, le paysage changeant
S’unit au couchant.
Je m’en irai, c’est certain, à la découverte de nouveaux rivages
De pentes escarpées peuplées de forêts sombres et majestueuses
Je graverai ton nom sur des troncs vénérables
Les sentiers s’ouvriront en ramifications infinies
Le futur nous appartiendra, le chemin nous appartiendra
Nous marcherons au rythme des chants d’oiseaux
Guidés par notre boussole émotionnelle
A la découverte de bouquets d’osmonde
De mousses parfaitement accueillantes, de sources murmurantes
De rais de soleil filtrant au travers des ramées
Fibres optiques chargées de connaissance pure
D’essences, de fragrances, de joie et gratitude.
J’entends le tintement frêle de la cloche au loin
Il est temps de rentrer
Je reviendrai, te rejoindrai, te retrouverai, c’est sûr
Et nous marcherons au firmament de nos pensées,
Dans l’obscurité dense des frondaisons,
Juste guidés par le toucher de nos doigts enlacés.
L’homme
Pantin du temps
Fusille des heures
Mais un jour
Une heure l’abat sauvagement d’un coup
Et seul reste alors
Un sablier dans le néant
On dirait parfois
Que nous sommes au centre du jour
Cependant au centre du jour
Il n’y a pas d’homme
Au centre du jour
C’est le blanc
Mais au centre du blanc
Il y a un autre jour
Naître et
Rien de plus
Jusqu’à ce que se forment
Des chiffres en dessous
Ne pas naître
Et rien de plus
Jusqu’à ce que se forment
Des chiffres au-dessus
Ensuite entre ces chiffres
Le temps s’arrêtera un instant
texte lu par Michèle Pettazzoni et Joëlle Meilleray
Vers la nuit
Le vieil homme, de son jardin,
Salue des inconnus qui passent
Sans reconnaître ses voisins
Debout sur le trottoir d’en face.
Sous son regard, tout se ternit
Le soleil se couvre d’un voile
Et plonge, englouti par la nuit
Où ne s’allume aucune étoile.
.
Depuis longtemps, il ne peut plus
Déchiffrer tout seul son courrier.
L’un après l autre, il distribue
Ses livres qu’il a tant aimés.
De jour en jour , fuyant les fêtes
Il s’isole pour écouter
Des romanciers et des poètes
Enregistrés sur des CD.
Dans sa maison, tout se complique.
Qui a déplacé les ciseaux ?
Comment retrouver France-Musique ?
J’ai dû dérégler ma radio …
Malgré l’ombre qui l’emprisonne
Et qui rend plus sombre sa vie ,
Dès qu’à sa porte un ami sonne,
Tout s’illumine dans sa nuit.
Ce matin est pluvieux, les précédents aussi.
L’hiver s’est installé sous un ciel épaissi.
Aux rares accalmies sortent couples d’oiseaux
Des goélands, des pies, des pigeons, des corbeaux.
Ils cherchent aux rameaux des feuilles allégés,
Parmi les croisillons, l’idéal pour loger.
Certains brindilleront avant les concurrents
L’endroit propice au nid quand viendra le printemps.
Je m’amuse à les voir chacun à leur manière
Les uns planent au vent, investissent les airs.
D’autres plus en retrait guettent sur les faitières
Les bisets arrogants et les corvus austères.
Au brouillard matinal, mon regard s’est perdu
Pendant un court instant. Quand il est revenu
À la réalité, les oiseaux avaient fui.
Fin de récréation, reprise de l’ennui.
Ce matin est pluvieux, comme aux autres matins
Pas d’éclaircie prévue. Mais la Saint-Valentin
Réchauffera mon cœur déçu, à condition
Que tu me fasses enfin une déclaration.
Autres lectures conseillées sur le thème.
par Pierre Duchon:
Le jour où la pluie viendra ( Pierre delanoë)
Le vieux ( Jacques Brel)
par Michèle Pettazzoni :
Le pont Mirabeau ( Guillaume Apollinaire)
par Dominique Mongodin:
La chanson des vieux amants (Jacques Brel)
Un sonnet de Ninette, lu par Pierre Duchon
« Mon âme cherche en vain où poser sa pensée.
Mais je ne ressens rien qui puisse m’émouvoir …
A qui, pour qui donner une ardeur insensée,
Ce jour, ce jour qui passe et qui n’a pas d’espoir !
Un long désir vibrant du matin jusqu’au soir
Poursuit un rêve avide. Et la vie empressée
Où se traîne l’ennui, plus lourd que le devoir,
Passe, jour après jour, vainement dépensée.
Tout ne devient en moi, pour moi, qu’indifférence …
L’élan naît en mon âme et s’y brise en silence …
Ô fleur de l’idéal, prête à s’épanouir !
L’élan, où tout le coeur s’amoncelle et se donne !
…Mais les larmes aux yeux, je regarde s’enfuir
Et renaître toujours chaque heure monotone ! »
Carpe Diem
Ne laisse pas le jour finir sans avoir grandi un peu,
Sans être heureux, sans avoir atteint tes rêves.
Ne te laisse pas vaincre par la déception.
Ne laisse personne t’enlever le droit de parler, c’est presque un devoir.
N’abandonne pas le désir de faire de ta vie quelque chose de spécial.
Crois bien que les mots et la poésie peuvent changer le monde.
Quoi qu’il advienne, notre être profond reste intact,
Nous sommes pleinement des êtres de passion.
La vie est désert et oasis.
Nous tombons, nous avons mal, nous apprenons, nous sommes les acteurs de notre histoire,
En dépit des vents contraires, ce travail puissant continue,
Tu peux en écrire une strophe.
Ne cesse jamais de rêver, parce que dans son rêve, l’homme est libre
Ne t’abandonne pas à la pire des fautes, le silence.
La plupart des hommes vivent dans le silence. Echappe-toi !
Apprécie la beauté des choses simples.
Tu peux écrire des poèmes sur des choses simples
Mais on ne peut voguer contre soi-même
Cela fait de la vie un enfer.
Aime la peur qui te fait aller de l’avant
Vis intensément, sans médiocrité
N’oublie pas que tu es le futur et aborde cette tâche avec fierté, sans crainte,
Apprends de ceux qui peuvent t’instruire
Ne laisse pas la vie s’écouler sans vivre cela.
Walt Whitman (1819 -1892 poète américain)
Insidieusement
Elle a découvert par hasard
qu’un verre ou deux emplis de bulles
réussissaient à faire tomber
sa timidité ridicule.
Soudainement désinhibée,
elle osait prendre la parole
devant tous les gens invités
à un repas un peu guindé,
se sentant pétillante et drôle.
De jour en jour, pour s’affirmer
de vernissages en cocktails
elle s’est mise à apprécier
l’alcool qui lui donnait des ailes. .
Et quand elle rentrait chez elle
en trébuchant dans l’escalier
elle pouvait enfin oublier
le poids de ses peurs etses peines.
Jour après jour elle s’est grisée
elle s’est perdue, elle s’est noyée.
Et maintenant elle est moins belle,
les joues bouffies, les yeux hagards,
dans sa cuisine où elle traîne
et dissimule dans un placard
un alignement de bouteilles. Yvonne Le Meur-Rollet, decembre 2025
CHAGRIN VS GUÉRISON
Peu à peu, le ciel se fait plus lent
Quelque chose de plus pointu vient se glisser dans les entrailles
L’absence se fait nostalgie, revanche, expiation
La main perd de sa pesanteur
Il eut suffi d’un cri, qui ne viendra pas
Depuis si longtemps, elle est partie, a disparue.
La mémoire a ses frasques. Elle tourbillonne,
Se démet de ses ailes, cherche un brin d’oxygène
On ne compte plus les jours, on ne les rattrape plus
Ils prennent la poudre d’escampette,
Font un pied de nez à l’image adulée, à la beauté perdue.
Pourtant là n’est pas le vrai discours
La chambre noire n’a encore rien révélé
Le trop plein de sensible n’imprime aucune pellicule
La lumière rouge reste muette
Une saveur amère distille dans la bouche
Que faire de ce fatras de pensées disparates
Qui envahit chaque instant un peu plus l’esprit ?
La pelote de laine se fait mitaine
Une maigre chaleur se glisse entre les doigts
Et pourquoi pas ? Le salut est fait de douceurs minimes
Le charbon noir en brûlant se mue en braise et lumière
La rédemption est vraiment une drôle d’opération
Découdre la blessure à cœur ouvert n’est pas une mince affaire
Mais, de jour en jour la cicatrice se fait plus belle
La chair meurtrie dessine quelques arabesques pâles sur la peau
La grâce revient des confins comme un cheval au galop
Un sourire léger s’insinue sur les lèvres
La mâchoire relâche sa hargne, les dents se desserrent
L’air pénètre au plus profond du corps
La bouche s’ouvre plus grand, exulte, pour croquer enfin la vie à pleins poumons.
Jean-Bernard VIVET
LA LIGNE BLEUE
La ligne bleue, la ligne de crête,
L’intangible, la pureté des lointains
Tout mon corps se dissout, me transporte aux confins
Tension totale du corps, du regard vers l’extrême
Et peu à peu la lumière, l’acceptation subite du monde
Dans ce qu’il a de plus profond, de plus intime
Inutile d’aller là-bas, là-bas est en nous
Le soleil joue avec les nues, le paysage changeant
S’unit au couchant.
Je m’en irai, c’est certain, à la découverte de nouveaux rivages
De pentes escarpées peuplées de forêts sombres et majestueuses
Je graverai ton nom sur des troncs vénérables
Les sentiers s’ouvriront en ramifications infinies
Le futur nous appartiendra, le chemin nous appartiendra
Nous marcherons au rythme des chants d’oiseaux
Guidés par notre boussole émotionnelle
A la découverte de bouquets d’osmonde
De mousses parfaitement accueillantes, de sources murmurantes
De rais de soleil filtrant au travers des ramées
Fibres optiques chargées de connaissance pure
D’essences, de fragrances, de joie et gratitude.
J’entends le tintement frêle de la cloche au loin
Il est temps de rentrer
Je reviendrai, te rejoindrai, te retrouverai, c’est sûr
Et nous marcherons au firmament de nos pensées,
Dans l’obscurité dense des frondaisons,
Juste guidés par le toucher de nos doigts enlacés.
Jean-Bernard VIVET
Saint-Suliac, 19 octobre 2025
A la maniére de Roberto JUARROZ (pastiche)
Primordiale 12
L’homme
Pantin du temps
Fusille des heures
Mais un jour
Une heure l’abat sauvagement d’un coup
Et seul reste alors
Un sablier dans le néant
On dirait parfois
Que nous sommes au centre du jour
Cependant au centre du jour
Il n’y a pas d’homme
Au centre du jour
C’est le blanc
Mais au centre du blanc
Il y a un autre jour
Naître et
Rien de plus
Jusqu’à ce que se forment
Des chiffres en dessous
Ne pas naître
Et rien de plus
Jusqu’à ce que se forment
Des chiffres au-dessus
Ensuite entre ces chiffres
Le temps s’arrêtera un instant
Michèle PETTAZZONI 07/12/2026
Pastiche vraiment très réussi. Btavo!
texte lu par Michèle Pettazzoni et Joëlle Meilleray
Vers la nuit
Le vieil homme, de son jardin,
Salue des inconnus qui passent
Sans reconnaître ses voisins
Debout sur le trottoir d’en face.
Sous son regard, tout se ternit
Le soleil se couvre d’un voile
Et plonge, englouti par la nuit
Où ne s’allume aucune étoile.
.
Depuis longtemps, il ne peut plus
Déchiffrer tout seul son courrier.
L’un après l autre, il distribue
Ses livres qu’il a tant aimés.
De jour en jour , fuyant les fêtes
Il s’isole pour écouter
Des romanciers et des poètes
Enregistrés sur des CD.
Dans sa maison, tout se complique.
Qui a déplacé les ciseaux ?
Comment retrouver France-Musique ?
J’ai dû dérégler ma radio …
Malgré l’ombre qui l’emprisonne
Et qui rend plus sombre sa vie ,
Dès qu’à sa porte un ami sonne,
Tout s’illumine dans sa nuit.
Yvonne Le Meur-Rollet, décembre 2025
Voilà ce que je vois, voilà ce que je veux…
Ce matin est pluvieux, les précédents aussi.
L’hiver s’est installé sous un ciel épaissi.
Aux rares accalmies sortent couples d’oiseaux
Des goélands, des pies, des pigeons, des corbeaux.
Ils cherchent aux rameaux des feuilles allégés,
Parmi les croisillons, l’idéal pour loger.
Certains brindilleront avant les concurrents
L’endroit propice au nid quand viendra le printemps.
Je m’amuse à les voir chacun à leur manière
Les uns planent au vent, investissent les airs.
D’autres plus en retrait guettent sur les faitières
Les bisets arrogants et les corvus austères.
Au brouillard matinal, mon regard s’est perdu
Pendant un court instant. Quand il est revenu
À la réalité, les oiseaux avaient fui.
Fin de récréation, reprise de l’ennui.
Ce matin est pluvieux, comme aux autres matins
Pas d’éclaircie prévue. Mais la Saint-Valentin
Réchauffera mon cœur déçu, à condition
Que tu me fasses enfin une déclaration.