« De jour en jour », thème du dernier apéro poétique de l’année 2025, vendredi 19 décembre à 18h au bar-restaurant La Goélette.

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10 réponses à « De jour en jour », thème du dernier apéro poétique de l’année 2025, vendredi 19 décembre à 18h au bar-restaurant La Goélette.

  1. Yvonne Le Meur-Rollet dit :

    Autres lectures conseillées sur le thème.
    par Pierre Duchon:
    Le jour où la pluie viendra ( Pierre delanoë)
    Le vieux ( Jacques Brel)
    par Michèle Pettazzoni :
    Le pont Mirabeau ( Guillaume Apollinaire)
    par Dominique Mongodin:
    La chanson des vieux amants (Jacques Brel)

  2. Yvonne Le Meur-Rollet dit :

    Un sonnet de Ninette, lu par Pierre Duchon

    « Mon âme cherche en vain où poser sa pensée.

    Mais je ne ressens rien qui puisse m’émouvoir …

    A qui, pour qui donner une ardeur insensée,

    Ce jour, ce jour qui passe et qui n’a pas d’espoir !

    Un long désir vibrant du matin jusqu’au soir

    Poursuit un rêve avide. Et la vie empressée

    Où se traîne l’ennui, plus lourd que le devoir,

    Passe, jour après jour, vainement dépensée.

    Tout ne devient en moi, pour moi, qu’indifférence …

    L’élan naît en mon âme et s’y brise en silence …

    Ô fleur de l’idéal, prête à s’épanouir !

    L’élan, où tout le coeur s’amoncelle et se donne !

    …Mais les larmes aux yeux, je regarde s’enfuir

    Et renaître toujours chaque heure monotone ! »

  3. Michèle PETTAZZONI dit :

    Carpe Diem

    Ne laisse pas le jour finir sans avoir grandi un peu,
    Sans être heureux, sans avoir atteint tes rêves.
    Ne te laisse pas vaincre par la déception.
    Ne laisse personne t’enlever le droit de parler, c’est presque un devoir.

    N’abandonne pas le désir de faire de ta vie quelque chose de spécial.
    Crois bien que les mots et la poésie peuvent changer le monde.
    Quoi qu’il advienne, notre être profond reste intact,
    Nous sommes pleinement des êtres de passion.

    La vie est désert et oasis.
    Nous tombons, nous avons mal, nous apprenons, nous sommes les acteurs de notre histoire,
    En dépit des vents contraires, ce travail puissant continue,
    Tu peux en écrire une strophe.

    Ne cesse jamais de rêver, parce que dans son rêve, l’homme est libre
    Ne t’abandonne pas à la pire des fautes, le silence.
    La plupart des hommes vivent dans le silence. Echappe-toi !
    Apprécie la beauté des choses simples.

    Tu peux écrire des poèmes sur des choses simples
    Mais on ne peut voguer contre soi-même
    Cela fait de la vie un enfer.
    Aime la peur qui te fait aller de l’avant

    Vis intensément, sans médiocrité
    N’oublie pas que tu es le futur et aborde cette tâche avec fierté, sans crainte,
    Apprends de ceux qui peuvent t’instruire
    Ne laisse pas la vie s’écouler sans vivre cela.

    Walt Whitman (1819 -1892 poète américain)

  4. Yvonne Le Meur-Rollet dit :

    Insidieusement
    Elle a découvert par hasard
    qu’un verre ou deux emplis de bulles
    réussissaient à faire tomber
    sa timidité ridicule.

    Soudainement désinhibée,
    elle osait prendre la parole
    devant tous les gens invités
    à un repas un peu guindé,
    se sentant pétillante et drôle.

    De jour en jour, pour s’affirmer
    de vernissages en cocktails
    elle s’est mise à apprécier
    l’alcool qui lui donnait des ailes. .

    Et quand elle rentrait chez elle
    en trébuchant dans l’escalier
    elle pouvait enfin oublier
    le poids de ses peurs etses peines.

    Jour après jour elle s’est grisée
    elle s’est perdue, elle s’est noyée.
    Et maintenant elle est moins belle,
    les joues bouffies, les yeux hagards,
    dans sa cuisine où elle traîne
    et dissimule dans un placard
    un alignement de bouteilles. Yvonne Le Meur-Rollet, decembre 2025

  5. Jean-Bernard Vivet dit :

    CHAGRIN VS GUÉRISON

    Peu à peu, le ciel se fait plus lent
    Quelque chose de plus pointu vient se glisser dans les entrailles
    L’absence se fait nostalgie, revanche, expiation
    La main perd de sa pesanteur
    Il eut suffi d’un cri, qui ne viendra pas
    Depuis si longtemps, elle est partie, a disparue.
    La mémoire a ses frasques. Elle tourbillonne,
    Se démet de ses ailes, cherche un brin d’oxygène
    On ne compte plus les jours, on ne les rattrape plus
    Ils prennent la poudre d’escampette,
    Font un pied de nez à l’image adulée, à la beauté perdue.
    Pourtant là n’est pas le vrai discours
    La chambre noire n’a encore rien révélé
    Le trop plein de sensible n’imprime aucune pellicule
    La lumière rouge reste muette
    Une saveur amère distille dans la bouche
    Que faire de ce fatras de pensées disparates
    Qui envahit chaque instant un peu plus l’esprit ?
    La pelote de laine se fait mitaine
    Une maigre chaleur se glisse entre les doigts
    Et pourquoi pas ? Le salut est fait de douceurs minimes
    Le charbon noir en brûlant se mue en braise et lumière
    La rédemption est vraiment une drôle d’opération
    Découdre la blessure à cœur ouvert n’est pas une mince affaire
    Mais, de jour en jour la cicatrice se fait plus belle
    La chair meurtrie dessine quelques arabesques pâles sur la peau
    La grâce revient des confins comme un cheval au galop
    Un sourire léger s’insinue sur les lèvres
    La mâchoire relâche sa hargne, les dents se desserrent
    L’air pénètre au plus profond du corps
    La bouche s’ouvre plus grand, exulte, pour croquer enfin la vie à pleins poumons.
    Jean-Bernard VIVET

  6. Jean-Bernard Vivet dit :

    LA LIGNE BLEUE

    La ligne bleue, la ligne de crête,
    L’intangible, la pureté des lointains
    Tout mon corps se dissout, me transporte aux confins
    Tension totale du corps, du regard vers l’extrême
    Et peu à peu la lumière, l’acceptation subite du monde
    Dans ce qu’il a de plus profond, de plus intime
    Inutile d’aller là-bas, là-bas est en nous
    Le soleil joue avec les nues, le paysage changeant
    S’unit au couchant.

    Je m’en irai, c’est certain, à la découverte de nouveaux rivages
    De pentes escarpées peuplées de forêts sombres et majestueuses
    Je graverai ton nom sur des troncs vénérables
    Les sentiers s’ouvriront en ramifications infinies
    Le futur nous appartiendra, le chemin nous appartiendra
    Nous marcherons au rythme des chants d’oiseaux
    Guidés par notre boussole émotionnelle
    A la découverte de bouquets d’osmonde
    De mousses parfaitement accueillantes, de sources murmurantes
    De rais de soleil filtrant au travers des ramées
    Fibres optiques chargées de connaissance pure
    D’essences, de fragrances, de joie et gratitude.

    J’entends le tintement frêle de la cloche au loin
    Il est temps de rentrer
    Je reviendrai, te rejoindrai, te retrouverai, c’est sûr
    Et nous marcherons au firmament de nos pensées,
    Dans l’obscurité dense des frondaisons,
    Juste guidés par le toucher de nos doigts enlacés.

    Jean-Bernard VIVET
    Saint-Suliac, 19 octobre 2025

  7. Michèle PETTAZZONI dit :

    A la maniére de Roberto JUARROZ (pastiche)

    Primordiale 12

    L’homme
    Pantin du temps
    Fusille des heures
    Mais un jour
    Une heure l’abat sauvagement d’un coup
    Et seul reste alors
    Un sablier dans le néant

    On dirait parfois
    Que nous sommes au centre du jour
    Cependant au centre du jour
    Il n’y a pas d’homme
    Au centre du jour
    C’est le blanc
    Mais au centre du blanc
    Il y a un autre jour

    Naître et
    Rien de plus
    Jusqu’à ce que se forment
    Des chiffres en dessous
    Ne pas naître
    Et rien de plus
    Jusqu’à ce que se forment
    Des chiffres au-dessus
    Ensuite entre ces chiffres
    Le temps s’arrêtera un instant

    Michèle PETTAZZONI 07/12/2026

  8. Yvonne Le Meur-Rollet dit :

    texte lu par Michèle Pettazzoni et Joëlle Meilleray
    Vers la nuit

    Le vieil homme, de son jardin,
    Salue des inconnus qui passent
    Sans reconnaître ses voisins
    Debout sur le trottoir d’en face.

    Sous son regard, tout se ternit
    Le soleil se couvre d’un voile
    Et plonge, englouti par la nuit
    Où ne s’allume aucune étoile.
    .
    Depuis longtemps, il ne peut plus
    Déchiffrer tout seul son courrier.
    L’un après l autre, il distribue
    Ses livres qu’il a tant aimés.

    De jour en jour , fuyant les fêtes
    Il s’isole pour écouter
    Des romanciers et des poètes
    Enregistrés sur des CD.

    Dans sa maison, tout se complique.
    Qui a déplacé les ciseaux ?
    Comment retrouver France-Musique ?
    J’ai dû dérégler ma radio …

    Malgré l’ombre qui l’emprisonne
    Et qui rend plus sombre sa vie ,
    Dès qu’à sa porte un ami sonne,
    Tout s’illumine dans sa nuit.

    Yvonne Le Meur-Rollet, décembre 2025

  9. Dominique Mongodin dit :

    Voilà ce que je vois, voilà ce que je veux…

    Ce matin est pluvieux, les précédents aussi.
    L’hiver s’est installé sous un ciel épaissi.
    Aux rares accalmies sortent couples d’oiseaux
    Des goélands, des pies, des pigeons, des corbeaux.

    Ils cherchent aux rameaux des feuilles allégés,
    Parmi les croisillons, l’idéal pour loger.
    Certains brindilleront avant les concurrents
    L’endroit propice au nid quand viendra le printemps.

    Je m’amuse à les voir chacun à leur manière
    Les uns planent au vent, investissent les airs.
    D’autres plus en retrait guettent sur les faitières
    Les bisets arrogants et les corvus austères.

    Au brouillard matinal, mon regard s’est perdu
    Pendant un court instant. Quand il est revenu
    À la réalité, les oiseaux avaient fui.
    Fin de récréation, reprise de l’ennui.

    Ce matin est pluvieux, comme aux autres matins
    Pas d’éclaircie prévue. Mais la Saint-Valentin
    Réchauffera mon cœur déçu, à condition
    Que tu me fasses enfin une déclaration.

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