« Jachère » thème de l’apéro-poétique du vendredi 22 mai à 18h30.

venez offrir en partage vos poèmes ou les poèmes des auteurs que vous aimez sur le thème: « Jachère »

Ce contenu a été publié dans A la Une, Apéros poétiques. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

8 réponses à « Jachère » thème de l’apéro-poétique du vendredi 22 mai à 18h30.

  1. Michèle PETTAZZONI dit :

    Poème d’Yvonne Le Meur-Rollet (lu par Michèle Pettazzoni )

    Page blanche

    Ma page blanche est en jachère,
    Et son sommeil me désespère.

    Il n’y pousse que pâquerettes,
    Avoine folle et courts lupins :
    Pauvres fleurettes sans parfum,
    Maigre bouquet pour un poète…

    Ma page ressemble à la terre
    Épuisée après trop d’efforts.
    Mes mots, qui jaillissaient naguère,
    Refusent d’y fleurir encore.

    S’étouffant dans les périphrases
    Et les métaphores usées,
    Mes mots englués dans l’emphase,
    N’arrivent plus à s’envoler.

    Ma page striée de ratures
    Est une plaine désolée.
    De rimes riches en césures
    Tous mes mots se sont desséchés.

    Je vais bousculer la métrique
    Des alexandrins compassés
    Pour faire entendre une musique
    Qui leur rendra leur liberté.

    Yvonne Le Meur-Rollet (Mai 2026)

  2. Jasmine Zemouli dit :

    JACHERE
    Lorsque la terre devient infertile,
    Fatiguée de produire, un arrêt est utile,
    Une jachère nécessaire, lui est infligée,
    La terre doit dormir pour soigner ses blessures,
    Un besoin de silence pour se régénérer,
    Clôturer les efforts des précédentes années,
    Où les récoltes étaient en abondante quantité,
    Puis un jour tout a pris fin sans signal aucun.

    Il faudrait l’aide des éléments,
    La pluie, le soleil et le vent,
    Pour une complète incinération.
    Des anciennes racines obstruant les filtrations,
    Réorganiser les fondements de ses nutriments
    Broyer et ingérer les cendres pour sa reconstitution.

    Pour cette renaissance intérieure de la fertilité ,
    Les blessures pansées guéries, revitalisée,
    Elle pourra de nouveau produire en quantité
    La récolte à définir un présent a offrir
    Pour les saison et les année à venir.

    Il y a une autre facette du repos forcé
    Une jachère, que l’humain peut invoquer,
    Où l’âme et le corps, fatigués d’obéir,
    Renoncent tous les deux à produire,
    L’élan se retire, l’envie s’effrite se rétrécit
    L’énergie succombe, vaincue par le conflit,
    La lumière intérieure s’éteint,
    Un vacillement, un flottement
    Tout sombre à l’agonie, en apathie.

    La guérison viendra lorsque
    Le soleil intérieur réapparaîtra
    Les portes de l’âme alors, s’ouvriront,
    Les projets en suspens ressusciteront,
    La vie restituera les bienfaits de l’imagination ,
    De cette obscurité une lumière naîtra
    Un regain, d’énergie— le moteur de toutes les envies.

    Jasmine Zemouli 18 Mai 2026

  3. Dominique Mongodin dit :

    Pas de danse

    Parmi les quatre temps de la valse annuelle
    Résonne l’harmonie sur les champs empourprés
    Ivres de s’abreuver d’éclatantes saveurs.

    Nulle autre symphonie n’est promesse plus belle
    Tant elle offre en cadeau de plaisirs dans les prés
    Emplis de chants d’oiseaux et d’éclosion des fleurs.

    Même le jour s’étire et la nuit s’aquarelle
    Pour abonder partout de leurs écrins diaprés
    Satinés et porteurs des promises douceurs.

  4. Dominique Mongodin dit :

    VIRGINITÉ

    C’est un ticket d’entrée gratuit, un rendez-vous,
    Le théâtre où tout est apte à se produire,
    Une scène ouverte où le vide est partout.
    La mer à traverser. Une ile à conquérir.

    C’est la virginité des neiges éternelles,
    Une terre inconnue où l’on va hésitant,
    L’escalade risquée d’un monde parallèle,
    L’incertitude qui menace à tout instant.

    C’est une invitation, une porte à pousser,
    Un baptême sans enfant, un autel sans témoin,
    Un espace inviolé, un coin de liberté
    Anonyme et secret, dont il faut prendre soin.

    C’est le miroir sans tain ou la portée sans note,
    Un visage au regard vide mais attirant.
    Une absence, un creux. C’est une athée dévote,
    Un désert sidéral qui captive pourtant.

    C’est la pucelle qu’on est tenté de brûler,
    Une lettre jetée sitôt qu’on l’a ouverte,
    Une sœur qu’on maudit après l’avoir froissée
    Mais qui vous tend la main à la moindre alerte.

    C’est une compagnie qu’on aime à retrouver,
    Une amie attentive quand sont longues les nuits,
    Une amante discrète qui ne sait pas juger.
    C’est une page blanche sur laquelle on écrit.

  5. Dominique Mongodin dit :

    Génocide

    Que se passe-t-il dans un buisson,
    Dans un bosquet que l’on n’observe plus?
    Même en hiver quand il n’est pas fleuri,
    Il vit. Il vit comme nous n’avons jamais vécu.
    Il vit de vers, d’insectes, d’araignées,
    De champignons. Dans son herbe et ses épines
    Tout grouille de partout parmi les entrelacs
    Des quelques mètres carrés qui nourrissent
    Plus d’animaux que les populations humaines.
    Le long d’un fossé, au sommet d’un talus,
    Sur une haie normande, une garrigue corse,
    Il attire les oiseaux et leur offre ses mûres.
    Il boit de la rosée et la sèche au soleil,
    Il calme les serpents qui chassent le mulot.
    La pâleur de ses fleurs dont personne ne veut
    S’essaime pour nourrir une abeille, une ruche.
    Il est sous nos yeux et nous le méprisons
    Pour sa rigueur et son savant désordre.
    Il est notre base jusque dans ses racines
    Et nous l’ignorons comme on bannit sa mère.
    En hommes impatients, nous le rasons.
    Quand nous le détruisons, pour gagner un espace,
    Il ne reste de lui que quelques fagots secs
    Que nous brûlerons vite, faute d’avoir des buches.

  6. montagne louise dit :

    EN JACHERE.
    Il hésite sur le pallier grinçant
    La main sur la poignée,
    Il pousse la porte de son atelier?
    Cela fait si longtemps…
    Il hésite encore, il appréhende
    Comme s’il pénètrait dans un lieu interdit…

    Dans la pièce délaissée,
    Les effluves de térébenthine
    Et d’huile de lin mêlées qui lui parlent tant,
    Réjouissent ses narines…
    Le désordre qui règne le laisse pantois,
    Etonné, devant dans de gachis.
    Comment a t’il pu en arriver la ?
    La tristesse l’envahit…

    Témoins de son laisser aller,
    Les tubes de peinture
    Pêle mêle sur les journaux éparpillés,
    Sont tordus grimaçants sur le papier…

    Il retrouve sa pipe abandonnée
    Sur la chaise peinte en vert…
    Sa grande blouse salie,
    Oripeau, accroché à la patère
    Prend des airs de fantôme
    vaincu par l’ennui…

    Ses pinceaux sont fatigués,
    Dans le vieux pot de grès
    Les brosses dressées comme un bouquet
    De fleurs fanées
    Lui font des reproches.
    « Où étais tu pauvre fantoche… »

    Sa toile est en scène:Tournesols
    Inachevée ,
    Elle l’attend sur le chevalet branlant;
    Insecte de bois, écartelé
    Tenant prisonniers entre ses pattes
    Des corbeaux dans un champ de blé…

    Bien des jours sont passés,
    Ils ont emporté sa mélancolie dans leur traîne…
    Il va mieux, mais il a encore mal à l’oreille.
    Aujourd’hui c’est le temps des semailles,
    Dans cette modeste arène
    Il a retrouvé l’envie
    Et il croit avoir gagné la bataille.

    Louise Montagne -mai 2026-

    comme

  7. Aline Meziere dit :

    Bravo, pour le texte, la composition musicale et l’interprétation!

  8. Joëlle Meilleray dit :

    L’HERBE FOLLE ( OU L’ENFANT SAUVAGE)

    Il se transporte pour un moment
    Dans ces herbes folles Sous le vent
    La nature dessine patiemment
    Simplement, au gré du vent

    Dans cette palette de fleurs sauvages
    Les couleurs dansent et se balancent
    Jours de soleil et jours de pluie
    Comme l’herbe folle il a grandi
    Ici

    Ouh ……………………Ahhhh……………
    Ouh ……………………Ahhhh……………

    La tête en friche et cœur d’enfant
    Inculte, oublié mais vivant
    De nature il est enfant sage
    Saisons pour seul aréopage
    Ici

    Ouh ……………………Ahhhh……………
    Ouh ……………………Ahhhh……………

    Sa prose s’élève vers les étoiles
    Ses notes franchissent l’horizon
    Des oiseaux sèment les pensées
    Couleur lilas, pourpre ou bleuet
    Depuis

    Ouh ……………………Ahhhh……………
    Ouh ……………………Ahhhh……………

    Il se transporte pour un moment
    Dans ces herbes folles Sous le vent
    La nature dessine patiemment
    Simplement, au gré du vent
    Ici

    Ouh ……………………Ahhhh……………
    Ouh ……………………Ahhhh……………

    Paroles et musique de Josiane, Muriel, Joëlle, Franc-Loup et Olivier

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *