PAS LA PEINE (texte écrit par Josiane et chanté sur la musique arrangée du Tango Corse)
Il est des gens , des gens de peine
Qui toujours à la tâche se plient
Dans leur vie peu de Carpe Diem
Heureux, studieux et accomplis
De continuer il vaut la peine
Quand leurs efforts portent leurs fruits.
Quant à moi, je vous confie …………….
Que le travail me met en peine
La bourse est vide, lourde peine
On compte chaque sou petit
Les jours se suivent dans la gêne
Et le pain se paie à grand prix
On traîne au cœur la même peine
Rêvant d’un sort plus adouci
Sans argent, la peine est double……
Mais dans la vie tout n’a pas de prix !
D’autres dans leurs cellules peinent
Leur temps s’étire à l’infini
Leur jours se noient dans la peine
Derrière des murs trop hauts bâtis
Un jour peut-être en fin de peine
Retrouveront le monde affranchi
Il leur faut remettre leur peine……….
Ou peut-être se faire la belle !
Si certains ont le coeur en peine
L’âme emplie de mélancolie
Que dans leur vie, c’est à peine s’ils
Voient que le monde en vaut la peine
Alors ils prennent double peine
Mais tôt ou tard on rebondit
Quant à moi ma philosophie…………
Amis, amours en valent la peine
Peine perdue pour un chagrin passager !
Faire de la peine et traîner ses regrets :
C’est double peine, chagrin et solitude.
Tu fais peine à voir, noyée dans ta tristesse
Soulage ta peine et ouvre ton cœur
J’ai peine à croire qu’il n’y a pas l’espoir
Vivre intensément sous peine de ne rien vivre,
ça vaut la peine !
Ces deux poèmes d’Antonin Artaud, « L’Amour sans Trève » et « La Momie Attachée », illustrent la peine qu’a eu l’auteur toute sa vie du fait de la grave maladie d’ordre psychique dont il souffrait ; maladie très mal soignée à l’époque et simplement qualifiée de folie. Par contre, cette « folie » fut probablement à l’origine de son génie poétique, génie reconnu à l’époque par le monde littéraire de St-Germain-des-prés.
L’AMOUR SANS TRÊVE
Ce triangle d’eau qui a soif
cette route sans écriture
Madame, et le signe de vos mâtures sur cette mer où je me noie
Les messages de vos cheveux le coup de fusil de vos lèvres cet orage qui m’enlève
dans le sillage de vos yeux.
Cette ombre enfin, sur le rivage où la vie fait trêve, et le vent, et l’horrible piétinement
de la foule sur mon passage.
Quand je lève les yeux vers vous
on dirait que le monde tremble,
et les feux de l’amour ressemblent aux caresses de votre époux.
Poème d’Antonin Artaud, extrait du livre L’Ombilic des Limbes Gallimard Paris 1927
Demain dès l’aube…
(Un poème de Victor Hugo, lu par Jean-Pierre Billois)
Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.
Victor Hugo, extrait du recueil «Les Contemplations» (1856)
La grande farce
( un texte de leny Escudero auteur, compositeur, interprète ) Ce texte peut être retrouve sur internet et écouté sur Youtube dans un enregistrement de Leny Escudero en concert
Passent la nuit,
Le soleil, la pluie, le vent ;
Revient la lumière dure
Des longs mois de printemps.
Cour laissée aux herbes folles,
Silence dans la maison :
Qui sèmera pour la récolte
Le champ sur la colline, au bord du ravin ?
Que fier soit ton sommeil,
Car fier tu es parti;
Moi je suis bien vieille,
Mais que longue est la vie !
Fantômes dans les nues,
Lamente des courlis,
Toi, tu n’es plus
Dans le champ au bord du ravin…
Plus, mon enfant, tu n’es plus,
Dans le champ sur la colline, au bord du ravin !
Violet Jacob, poète écossaise ( 1863- 1946 )
Poème traduit en français par Stéphanie Noirard
Extrait de : En Première Ligne, Poèmes de guerre écossais, 1914-1945
Presses Universitaires de Rennes, Collection Textes Rares
Couplets de la rue Saint-Martin ( Robert Desnos)
Robert Desnos est un poète surréaliste et résistant français, né le 4 juillet 1900 dans le 11ᵉ arrondissement de Paris et mort du typhus le 8 juin 1945 au camp de concentration de Theresienstadt, en Tchécoslovaquie, un mois après sa libération par l’Armée rouge le dernier jour de la guerre
Ce poème a été écrit par Rbert Desnos en hommage à son ami André Platard qui fut arrêté et déporté avant lui, sous l’occupation allemande en 1942
Je n’aime plus la rue Saint-Martin
Depuis qu’André Platard l’a quittée,
Je n’aime plus la rue Saint-Martin,
Je n’aime plus rien, pas même le vin.
Je n’aime plus la rue Saint-Martin
Depuis qu’André Platard l’a quittée,
C’est mon ami, c’est mon copain,
Nous partagions la chambre et le pain,
Je n’aime plus la rue Saint-Martin.
C’est mon ami, c’est mon copain,
Il a disparu un matin,
Ils l’ont emmené, on ne sait plus rien.
On ne l’a pas revu dans la rue Saint-Martin.
Pas la peine d’implorer les Saints,
Saint Merri, Jacques, Gervais et Martin,
Pas même Valérien qui se cache sur la colline.
Le temps passe, on ne sait rien,
André Platard a quitté la rue Saint-Martin.
Rbert Desnos
PAS LA PEINE (texte écrit par Josiane et chanté sur la musique arrangée du Tango Corse)
Il est des gens , des gens de peine
Qui toujours à la tâche se plient
Dans leur vie peu de Carpe Diem
Heureux, studieux et accomplis
De continuer il vaut la peine
Quand leurs efforts portent leurs fruits.
Quant à moi, je vous confie …………….
Que le travail me met en peine
La bourse est vide, lourde peine
On compte chaque sou petit
Les jours se suivent dans la gêne
Et le pain se paie à grand prix
On traîne au cœur la même peine
Rêvant d’un sort plus adouci
Sans argent, la peine est double……
Mais dans la vie tout n’a pas de prix !
D’autres dans leurs cellules peinent
Leur temps s’étire à l’infini
Leur jours se noient dans la peine
Derrière des murs trop hauts bâtis
Un jour peut-être en fin de peine
Retrouveront le monde affranchi
Il leur faut remettre leur peine……….
Ou peut-être se faire la belle !
Si certains ont le coeur en peine
L’âme emplie de mélancolie
Que dans leur vie, c’est à peine s’ils
Voient que le monde en vaut la peine
Alors ils prennent double peine
Mais tôt ou tard on rebondit
Quant à moi ma philosophie…………
Amis, amours en valent la peine
Bravo et merci à l’auteure des paroles, au groupe de musiciens et interprètes de nous avoir préparé cette belle surprise!
La peine dans tous ses états
Peine perdue pour un chagrin passager !
Faire de la peine et traîner ses regrets :
C’est double peine, chagrin et solitude.
Tu fais peine à voir, noyée dans ta tristesse
Soulage ta peine et ouvre ton cœur
J’ai peine à croire qu’il n’y a pas l’espoir
Vivre intensément sous peine de ne rien vivre,
ça vaut la peine !
Ces deux poèmes d’Antonin Artaud, « L’Amour sans Trève » et « La Momie Attachée », illustrent la peine qu’a eu l’auteur toute sa vie du fait de la grave maladie d’ordre psychique dont il souffrait ; maladie très mal soignée à l’époque et simplement qualifiée de folie. Par contre, cette « folie » fut probablement à l’origine de son génie poétique, génie reconnu à l’époque par le monde littéraire de St-Germain-des-prés.
L’AMOUR SANS TRÊVE
Ce triangle d’eau qui a soif
cette route sans écriture
Madame, et le signe de vos mâtures sur cette mer où je me noie
Les messages de vos cheveux le coup de fusil de vos lèvres cet orage qui m’enlève
dans le sillage de vos yeux.
Cette ombre enfin, sur le rivage où la vie fait trêve, et le vent, et l’horrible piétinement
de la foule sur mon passage.
Quand je lève les yeux vers vous
on dirait que le monde tremble,
et les feux de l’amour ressemblent aux caresses de votre époux.
Poème d’Antonin Artaud, extrait du livre L’Ombilic des Limbes Gallimard Paris 1927
Demain dès l’aube…
(Un poème de Victor Hugo, lu par Jean-Pierre Billois)
Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.
Victor Hugo, extrait du recueil «Les Contemplations» (1856)
Lecture conseillée par Pierre DuChon
La grande farce
( un texte de leny Escudero auteur, compositeur, interprète ) Ce texte peut être retrouve sur internet et écouté sur Youtube dans un enregistrement de Leny Escudero en concert
Poème traduit par Stéphanie Noirard
Le champ au bord du ravin
Passent la nuit,
Le soleil, la pluie, le vent ;
Revient la lumière dure
Des longs mois de printemps.
Cour laissée aux herbes folles,
Silence dans la maison :
Qui sèmera pour la récolte
Le champ sur la colline, au bord du ravin ?
Que fier soit ton sommeil,
Car fier tu es parti;
Moi je suis bien vieille,
Mais que longue est la vie !
Fantômes dans les nues,
Lamente des courlis,
Toi, tu n’es plus
Dans le champ au bord du ravin…
Plus, mon enfant, tu n’es plus,
Dans le champ sur la colline, au bord du ravin !
Violet Jacob, poète écossaise ( 1863- 1946 )
Poème traduit en français par Stéphanie Noirard
Extrait de : En Première Ligne, Poèmes de guerre écossais, 1914-1945
Presses Universitaires de Rennes, Collection Textes Rares
Retour de guerre
Il a mal au pied ce poème,
il boite, il est mal ficelé.
Le froid blesse ses poings bohèmes
rimes pauvres, mots mal léchés.
Il grogne en vers, la jambe il traîne
quatrain pourri, gueule cassée.
Voyez, il vous brame sa peine,
prenez celle de l’écouter.
Il a traversé tant de guerres
ses mots sautant sur les tranchées.
Poème gris, fantôme il erre
ricanant pour ne pas pleurer.
Michèle PETTAZZONI
Couplets de la rue Saint-Martin ( Robert Desnos)
Robert Desnos est un poète surréaliste et résistant français, né le 4 juillet 1900 dans le 11ᵉ arrondissement de Paris et mort du typhus le 8 juin 1945 au camp de concentration de Theresienstadt, en Tchécoslovaquie, un mois après sa libération par l’Armée rouge le dernier jour de la guerre
Ce poème a été écrit par Rbert Desnos en hommage à son ami André Platard qui fut arrêté et déporté avant lui, sous l’occupation allemande en 1942
Je n’aime plus la rue Saint-Martin
Depuis qu’André Platard l’a quittée,
Je n’aime plus la rue Saint-Martin,
Je n’aime plus rien, pas même le vin.
Je n’aime plus la rue Saint-Martin
Depuis qu’André Platard l’a quittée,
C’est mon ami, c’est mon copain,
Nous partagions la chambre et le pain,
Je n’aime plus la rue Saint-Martin.
C’est mon ami, c’est mon copain,
Il a disparu un matin,
Ils l’ont emmené, on ne sait plus rien.
On ne l’a pas revu dans la rue Saint-Martin.
Pas la peine d’implorer les Saints,
Saint Merri, Jacques, Gervais et Martin,
Pas même Valérien qui se cache sur la colline.
Le temps passe, on ne sait rien,
André Platard a quitté la rue Saint-Martin.
Rbert Desnos
L’apprenti, le condamné et le vieillard
J’ai trois années à faire
Petite formation
De manutentionnaire
Loin de mon illusion.
J’avais trois ans à faire
J’ai rempli ma mission
J’ai appris comment faire
Pour savoir ma leçon.
Trois années à me taire
Et après, je fais quoi !
J’ai tout fait pour leur plaire.
Je veux penser à moi !
J’ai tant de mots à dire
Pour prendre mon chemin
Et mon nom à écrire
Sur un blanc parchemin.
…..
J’ai trois années à faire
Au fond de ma prison
Je purge mon affaire
Suite à la décision.
J’avais trois ans à faire
J’ai fait ma punition
Je n’avais qu’à me taire
Et demander pardon.
Que sont trois ans à faire
S’il n’est pas un été
Pour offrir à l’hiver
Un cri de liberté ?
Je veux briser les murs
M’évader en frisson
Manger des fruits trop mûrs
Écrire ma chanson.
…..
J’ai trois années à faire
Avant la permission
Qui m‘offrira l’enfer
Après ma rémission.
J’avais trois ans à faire
Pour vivre à ma façon
Avant que la lumière
Se couche à l’horizon.
La jeunesse d’hier
M’a fui depuis longtemps
Je dis et j’en suis fier
Que les jours sont urgents.
Je veux écrire au bout
Du monde dont je rêve
Et mettre un point c’est tout
Juste avant que je crève.