Ah ! comme l’on voudrait parfois pouvoir revivre
Certains moments très doux et trop vite vécus…
Comme on peut en tournant les pages de son livre
Revenir à loisir aux feuillets déjà lus !
Mais l’avenir attend. Alors il faut poursuivre
Et laisser les regrets de ces jours disparus…
En regrettant toujours on s empêche de vivre
Un présent précieux qui ne reviendra plus !
Le cœur garde pourtant une claire mémoire,
Et, retrouvant les jours, il revit leur histoire
Et ressent leurs douceur, leurs intimes plaisirs…
J’aime aussi quelques fois revenir en arrière…
Je vous retrouve alors, ô mes chers souvenirs
Qui mettez en mon cœur tant de douce lumière !…
Un poème écrit en 1934. Recueil Les poèmes de Ninette .
Lu par Michèle Pettazzoni
Tout le monde est parti. La fête est terminée.
Tu es devant l’évier, seule avec la vaisselle,
Et tu te promets bien de ne plus inviter
Tes copains émetteurs de tant de décibels
Qu’on les a entendus du fond de la ruelle.
Ils étaient tous venus pour ton anniversaire.
« Fêter tes quarante ans n’est pas une mince affaire ! ! »
Tu avais tout prévu du Champagne au Perrier ;
Ta robe t’allait bien, tu t’étais maquillée,
La table était dressée. Ils pouvaient arriver.
Mais après l’apéro, Jérôme a fait la tête :
Il ne supportait pas la présence de Zette.
Lison éternuait accusant la moquette,
Et ne voulait manger ni crabe ni crevettes.
Elle a juste goûté au gratin de courgettes.
Augustin au dessert était quasi-pompette
Il est sorti au frais fumer sa cigarette
Et il s’est endormi dehors sous la gloriette.
Les voisins ont râlé quand à deux heures trente sept
Hubert a entrepris de jouer de la trompette.
Ils ont chanté Brassens jusqu’au petit matin
Et bu tout ton whisky rapporté de Dublin,
Puis ils se sont vautrés sur tes nouveaux coussins,
Et discuté sans fin du saut althussérien,
Un sujet de philo prisé des Normaliens.
Ouf ! La fête est finie. Tout le monde est parti…
Et tu te promets bien de ne plus inviter
Ta bande de vieux copains bruyants, insupportables…
Qui ne t’ont pas aidée à desservir la table
Et qui sont repartis en disant : « C’était bien ! »
Yvonne Le Meur –Rollet -septembre 2026
Regarde le jardin,
Une pelle orange dans l’herbe jaunie
Un transat effondré soupire d’abandon
Un maillot de bain se recroqueville dans un seau
Des coquillages s’entassent au pied d’un rosier
La table de ping pong repliée s’adosse au tronc de l’érable
Les feuilles mortes attendent le coup de vent
Le chat joue avec une balle oubliée
Le vent, la pluie effa<cent le passage des enfants
La chouette hulule
Le silence de la nuit enveloppe ma tristesse
Dans la maison les portes sont trop sages, ouvertes ou fermées, elles ne savent plus
L’escalier m’appelle, il ne tremble plus sous les cascades de pas
Là haut sous un lit une chaussette orpheline se tapit dans l’ombre, petite boule isolée
Une pile de BD tient son équilibre au pied d’une chaise
Crayons et gomme s’ennuient sur la table, prêts à se mêler aux mots du papier chiffonné, tiens un petit bac ?
Les vieilles nippes tentent de s’échapper de la malle à déguisements entrouverte
Des grains de poussière dansent dans les derniers rayons du soleil
Le dortoir immobile accueille ces minuscules signes de vie
Des cadavres de mouches au bord des fenêtres et parmi les playmobils
Tout est trop calme mais je tends l’oreille
Quelques notes s’échappent du piano, une mélodie charmante
Une jeune elfe gracieuse esquisse quelques pas de danse… puis disparait
et le silence… l’été s’est envolé !
Les enfants excités lancent leurs oreillers
Les ados réclament les écrans confisqués
Le célibataire a froid dans son lit propret
Un jeune homme s’en veut de n’avoir pas osé
La jeune fille s’en va d’un pas désappointé
Un époux fatigué baîlle à n’en plus finir
Son épouse agacée l’irrite par son rire
La veuve envie la femme de son vieil ami
La danseuse endiablée se masse les mollets
L’alcoolique s’endort après s’être épanché
Les musiciens ont les oreilles qui chuchotent
Le penseur évoque les discours échangés
Les amants s’embrassent bientôt ils vont s’aimer
Les fleurs s’ alanguissent il est temps de rentrer.
Mémoire du cœur
Ah ! comme l’on voudrait parfois pouvoir revivre
Certains moments très doux et trop vite vécus…
Comme on peut en tournant les pages de son livre
Revenir à loisir aux feuillets déjà lus !
Mais l’avenir attend. Alors il faut poursuivre
Et laisser les regrets de ces jours disparus…
En regrettant toujours on s empêche de vivre
Un présent précieux qui ne reviendra plus !
Le cœur garde pourtant une claire mémoire,
Et, retrouvant les jours, il revit leur histoire
Et ressent leurs douceur, leurs intimes plaisirs…
J’aime aussi quelques fois revenir en arrière…
Je vous retrouve alors, ô mes chers souvenirs
Qui mettez en mon cœur tant de douce lumière !…
Un poème écrit en 1934. Recueil Les poèmes de Ninette .
Lu par Michèle Pettazzoni
JOYEUX ANNIVERSAIRE
( Texte lu par Aline Denis- Mézière)
Tout le monde est parti. La fête est terminée.
Tu es devant l’évier, seule avec la vaisselle,
Et tu te promets bien de ne plus inviter
Tes copains émetteurs de tant de décibels
Qu’on les a entendus du fond de la ruelle.
Ils étaient tous venus pour ton anniversaire.
« Fêter tes quarante ans n’est pas une mince affaire ! ! »
Tu avais tout prévu du Champagne au Perrier ;
Ta robe t’allait bien, tu t’étais maquillée,
La table était dressée. Ils pouvaient arriver.
Mais après l’apéro, Jérôme a fait la tête :
Il ne supportait pas la présence de Zette.
Lison éternuait accusant la moquette,
Et ne voulait manger ni crabe ni crevettes.
Elle a juste goûté au gratin de courgettes.
Augustin au dessert était quasi-pompette
Il est sorti au frais fumer sa cigarette
Et il s’est endormi dehors sous la gloriette.
Les voisins ont râlé quand à deux heures trente sept
Hubert a entrepris de jouer de la trompette.
Ils ont chanté Brassens jusqu’au petit matin
Et bu tout ton whisky rapporté de Dublin,
Puis ils se sont vautrés sur tes nouveaux coussins,
Et discuté sans fin du saut althussérien,
Un sujet de philo prisé des Normaliens.
Ouf ! La fête est finie. Tout le monde est parti…
Et tu te promets bien de ne plus inviter
Ta bande de vieux copains bruyants, insupportables…
Qui ne t’ont pas aidée à desservir la table
Et qui sont repartis en disant : « C’était bien ! »
Yvonne Le Meur –Rollet -septembre 2026
Petit mouchoir
(Merci à Michèle Pettazzoni pour avoir lu en mon absence)
Prenez ce tout petit mouchoir.
Ce mouchoir brodé finement
D’un motif floral et charmant.
Pincez le très joli mouchoir.
Pincez le très joli mouchoir
Entre le pouce et votre index.
Levez le bras comme un apex.
Secouez le fragile étendard !
Secouez le fragile étendard,
Agitez la main doucement,
Accélérez le mouvement
Quand le train fuit votre regard.
Quand le train fuit votre regard
Pour ne plus devenir qu’un point,
Baissez le bras, serrez le poing.
Mettez dedans le beau mouchoir.
Mettez dedans le beau mouchoir
Tout votre amour, votre tendresse.
Laissez pleurer votre détresse
Dans le joli petit mouchoir.
Dans le joli petit mouchoir
Faites sécher le souvenir.
Mais quand l’aimée va revenir,
Prenez ce tout petit mouchoir.
Après l’été
Regarde le jardin,
Une pelle orange dans l’herbe jaunie
Un transat effondré soupire d’abandon
Un maillot de bain se recroqueville dans un seau
Des coquillages s’entassent au pied d’un rosier
La table de ping pong repliée s’adosse au tronc de l’érable
Les feuilles mortes attendent le coup de vent
Le chat joue avec une balle oubliée
Le vent, la pluie effa<cent le passage des enfants
La chouette hulule
Le silence de la nuit enveloppe ma tristesse
Dans la maison les portes sont trop sages, ouvertes ou fermées, elles ne savent plus
L’escalier m’appelle, il ne tremble plus sous les cascades de pas
Là haut sous un lit une chaussette orpheline se tapit dans l’ombre, petite boule isolée
Une pile de BD tient son équilibre au pied d’une chaise
Crayons et gomme s’ennuient sur la table, prêts à se mêler aux mots du papier chiffonné, tiens un petit bac ?
Les vieilles nippes tentent de s’échapper de la malle à déguisements entrouverte
Des grains de poussière dansent dans les derniers rayons du soleil
Le dortoir immobile accueille ces minuscules signes de vie
Des cadavres de mouches au bord des fenêtres et parmi les playmobils
Tout est trop calme mais je tends l’oreille
Quelques notes s’échappent du piano, une mélodie charmante
Une jeune elfe gracieuse esquisse quelques pas de danse… puis disparait
et le silence… l’été s’est envolé !
Après la Fête
Les enfants excités lancent leurs oreillers
Les ados réclament les écrans confisqués
Le célibataire a froid dans son lit propret
Un jeune homme s’en veut de n’avoir pas osé
La jeune fille s’en va d’un pas désappointé
Un époux fatigué baîlle à n’en plus finir
Son épouse agacée l’irrite par son rire
La veuve envie la femme de son vieil ami
La danseuse endiablée se masse les mollets
L’alcoolique s’endort après s’être épanché
Les musiciens ont les oreilles qui chuchotent
Le penseur évoque les discours échangés
Les amants s’embrassent bientôt ils vont s’aimer
Les fleurs s’ alanguissent il est temps de rentrer.
Michèle PETTAZZONI septembre 2026