« Le pont » thème de l’apéro poétique du vendredi 24 février – Les poèmes lus sont offerts en commentaires …

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8 réponses à « Le pont » thème de l’apéro poétique du vendredi 24 février – Les poèmes lus sont offerts en commentaires …

  1. Admin PeP dit :

    Texte de Yvonne Le Meur-Rollet

    Pontons désertés.
     
    La rivière, là-bas, s’étire
    Entre les chênes émondés.
    L’orme, penché sur l’eau, soupire,
    Rameaux et branches dénudés.
     
    Entre les chênes émondés,
    Le temps est passé sans sourire.
    Rameaux et branches dénudés,
    C’est un soir où l’automne expire.
     
    Le temps est passé sans sourire…
    Tous les ponts se sont écroulés.
    C’est un soir où l’automne expire,
    Sous les piliers démantelés.
     
    Tous les ponts se sont écroulés,
    Est-il d’autres mots pour le dire ?
    Sous les piliers démantelés
    Ton visage aimé se déchire.
     
    Est-il d’autres mots pour le dire ?
    Les serments se sont effrités.
    Ton visage aimé se déchire,
    Au long des pontons désertés.
     
    Les serments se sont effrités,
    Reste un reflet que je désire…
    Au long des pontons désertés,
    La rivière, là-bas, s’étire.

  2. Admin PeP dit :

    Texte de Yvonne Le Meur-Rollet écrit sur sur la musique de « J’aime les filles » de Jacques Dutronc.
    Interprété à la guitare par Franc-Loup Mahé des Portes, accompagné par Olivier Guérin.

    J’aime le pont / de Tancarville ,
    Les ponts du Rhin, / les ponts du Nil.
    J’aime le pont /d’la rivièr’ Kwaï,
    Et l’pont d’ Arcol’/ dans la bataille.

    J‘aime les ponts / d’San Francisco
    Les ponts de lianes / sur le Congo,
    Les ponts sur le / Guadalquivir
    Et bien sûr le / Pont des Soupirs.

    Si vous aimez ça, téléphonez-moi
    Si vous aimez ci, téléphonez-me.

    J’aime le via / duc de Millau
    J’aime aussi le / Pont du Guildo.
    J’aime le Vieux / Pont sur la Rance,
    Et à Brest le / Pont d’Recouvrance.

    J’aime les ponts / à plusieurs piles,
    Les ponts qui nous / relient aux îles,
    Et ne l’répé / tez à personne,
    Le Pont d’la rout’ / de Madison.

    Si vous aimez ça, téléphonez moi
    Si vous aimez ci, téléphonez me.

    J’aime les ponts / tout en béton
    Sur lesquels pass’ /des marathons.
    J’aime les ponts / vibrant au vent,
    Suspendus à /de fins haubans.

    J’aime les ponts /qu’on reconstruit
    Aussitôt qu’ la / guerre est finie ,
    Et allez donc / savoir pourquoi,
    Les ponts sur la / Bérézina.

    Si vous êtes comm’moi, téléphonez-moi
    If you are like me, please, oh ! pleas’ lov’ me.

  3. Admin PeP dit :

    Poème de Louise Montagne

    LE PONT

    La vie, telle un grand fleuve, séparant les générations, sinue entre ses berges, emportant sur son passage , les traditions, les coutumes, les usages, mais se jette inexorablement dans les grands fonds.

    Semer des mots comme une envolée de graines par dessus la fougue des flots et essayer de les faire germer avant qu’ils se noient.

    Avoir envie de contrarier ce cours et empêcher que tout parte à la mer, bâtir un pont avec les pavés de ma mémoire, les pierres de mes souvenirs, et relier l’autre rive avec mes héritages…

    Ressentir le besoin de jeter sur des pages, les mots de mon enfance ,les moments heureux ,le parler de ma grand’mère, des témoignages qui écorchent parfois, des mots qui font rire, des mots vrais…

    Envoyer ces mots, mine de rien aux oreilles de mes petites filles, pour les faire sourire ou bien reprendre ensemble les comptines que ma grand mère me chantait..

    J’écris, je griffonne, je transporte sur le papier, mes souvenirs, avec l’espoir que le jour venu, mes petites filles, en fouillant dans les cartons se rappellent avec bonheur ces mots, qui tels des papillons légers se sont posés et ont été cueillis au creux de leur oreille…

    « Tu te souviens Maëlanne? tu te souviens Manon? tu te souviens Marilys? » quand Mémé nous récitait le r’nard et la con/nie.

    -Montagne Louise – février 2023 –

  4. Jean-Bernard Vivet dit :

    LE PONT
    – HÉRÉSIE DES HOMMES –

    Le pont raidit le paysage
    C’est comme un étranglement des rives
    Une invitation à forcer le fleuve vert
    A filer vers sa destinée, la mer
    Loin, très loin, des premières gouttes de sa naissance.

    Aucun bac n’ira couper sa route
    Le pont l’enjambe avec la prestance d’un géant
    Un Gargantua qui aurait figé ses bottes
    Dans les anfractuosités de la roche qui l’enserre
    Et qui regarde l’eau glisser entre ses doigts
    De granit, de schiste, en soulevant son lit d’argile.

    L’eau peut s’étendre, se couler dans sa couche
    Retrouver l’enchantement d’un vieux bras
    Mais il lui faudra franchir l’espace de cette arche
    Arc-boutée entre ciel et terre,
    Baldaquin à son alcôve.

    Jusque dans mes entrailles
    Je ressens ce bruissement
    Ces tourbillons de fluide
    Au flot et au jusant
    Cette lutte des éléments
    Qui grignotent peu à peu
    L’hérésie des hommes,
    Qui ronge patiemment son béton
    Jusqu’à arracher un jour ses assises au vieux pont
    Défi illusoire à l’érosion du temps qui s’écoule.

    L’ouvrage d’art éphémère alors s’écroule,
    Ultime tentative de barrage
    Au jaillissement inéluctable de la vie.

    Jean-Bernard Vivet Saint-Suliac, 11 février 2023

  5. Jean-Bernard Vivet dit :

    PONT DE RANCŒUR

    Pont de Rance,
    Tu signes la ligne de partage des eaux
    Et la bétonnes
    Des tonnes de sable il a fallu
    Volées aux dunes, aux falaises, aux herbus
    Pour bâtir ce rempart au fleuve,
    Aux vives et mortes eaux,

    Dans ta cage, tu emprisonnes
    Cétacés, phoques et une baleine à bosse,
    Ces mammifères marins qui nous font rêver
    A en oublier la fée électricité

    Les rives s’envasent à chaque marée
    Tadornes, aigrettes, hérons, bernaches,
    Traits fulgurants, noirs, gris et blancs
    Contre le limon couleur de ciel
    De mauvais temps

    Pont de Rance,
    Combien de fois ai-je pesté
    Pressé, contre ton tablier levé
    Des morts tu en as connu
    Retour de soirées éthérées
    Bravade, griserie de vitesse
    Fin d’ivresse dans ton parapet
    Même pas froissé
    Jeunes, ados, décédés,
    Vies dévastées

    Tu peux bien ouvrir tes vannes
    Et pleurer.

    Jean-Bernard Vivet Saint-Suliac, 22 février 2023

  6. Jean-Bernard Vivet dit :

    UN PONT C’EST PRESQUE RIEN

    Un pont c’est presque rien
    Quand on n’y prête pas garde
    C’est pourtant, si l’on y songe bien, ce lien
    Qui nous unit à ceux de l’autre rive
    Eux qui nous regardent et s’immobilisent

    C’est un éclair qui immortalise
    La lumière dans la nuit
    Une prière accueillie
    Quand tu me dis
    Que tu ne vas pas bien

    C’est la joie d’une rencontre inespérée
    Le retour de l’enfant apeuré
    Le chant du cygne
    Dans les eaux glacées
    Les doigts qui s’invitent
    Entre le père et le fils
    Dans la chapelle Sixtine

    Son arche est faite de nos corps entrelacés
    De nos vies assemblées
    De nos chairs déchirées
    Mais il tient bon
    Tant que ne tombent pas les bombes

    Il nous supporte autant que nous nous supportons
    Frères humains, donnons-nous la main.

    Jean-Bernard Vivet Saint-Suliac, 22 février 2023

  7. Dominique Mongodin dit :

    Il n’est pas de hasard, il est juste des ponts

    Je vous ai dit souvent qu’il n’est pas de hasard.
    Ce qui doit arriver se produit tôt ou tard
    Et j’aime à penser que les carrefours ne sont
    Que pour se rencontrer comme un fleuve et un pont.

    Un petit pas vers l’un, vers l’autre un peu plus loin,
    À mi-chemin l’ouvrage en devient le témoin.
    Car un pont se construit de chacune des rives
    D’où les deux bâtisseurs franchissent les eaux vives.

    Deux vies se rencontraient. C’était la destinée
    Qui s’obligeait à eux. Mais dans cette épopée
    On peut se demander où sont les origines
    Des ponts qui leur donnaient l’amour des rimes fines.

    D’un pont entre les deux s’est bâtie l’amitié
    Comme un ouvrage qui se trouvait fortifié.
    Sans être dépendants, ils étaient en commun
    Un peu de temps en temps sur le même chemin.

    Leur pont était le lien entre leurs berges bleues
    De ceux qui se traversent pour visiter les lieues
    Des arcanes fleuris, des éthers de l’esprit
    Qui coulent sous les ponts comme un sonnet s’écrit.

  8. Michèle PETTAZZONI dit :

    D’un pont à l’autre

    Le premier s’ancre dans la terre
    Structure solide, rêve de pierre
    Nous reconnaissons à ses lignes
    Un créateur honnête et digne.
    Le second offre sa portée
    Chaussée de géant à nos pieds
    Réussir à en venir à bout
    Relève d’un pari fou.
    Le troisième plante son mât
    Directement dans le ciel
    Il capte le soleil
    Nous le restitue éternel.

    Tant d’autres suivent et ne se ressemblent pas.
    Certains se parent des couleurs de l’arc-en-ciel
    Ils nous émerveillent
    Ceux-ci se fondent dans les noirs et gris
    De nos mémoires en survie…
    Ces ouvrages construits par la main de l’ homme
    Enjambent montagnes et volcans
    Se riant des frontières et des orages hurlants.

    Ces ponts de papier, on les nomme : liber. bog, ramaat, book, kaitan…livre !
    Ils sont monumentaux, impressionnants, déstabilisants
    Légers, poétiques, attirants…
    Quintessence unique de nos existences éphémères
    Tellement fragiles aussi : on les brûle, on les ampute, on les enferme…
    On les oublie dans les prisons du temps qui nous perd tous.

    Ces ponts que nous recherchons, ces livres que nous aimons
    Nous relient les uns aux autres
    Qu’importe la couleur du drapeau sur leurs bandeaux
    Ou la couleur des mains sur leurs chagrins.

    Ponts voyageurs, tapis magiques
    Ils nous transportent de la terre à la lune
    Jusqu’aux étoiles…et au-delà.

    Michèle Pettazzoni

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