MAUDITES COQUES

Un œil rivé sur la vieille horloge en bois
Jeanne le sait bien, alors que petit Jean boit
L’heure de la marée approche, c’est son destin
Sa mère détache le bébé de son sein.
Il faut bien se couvrir de plusieurs pelisses
Prendre sa besace et embrasser son fils.

La brume a encore envahi la grève
Tous les jours, à marée, sans jamais de trêve,
La Jeanne ramasse des coques à mains nues.
Le froid glacial saisit les pieds et mollets nus.
Elle avance courbée, Marie à ses côtés.
La vie de son homme lui a été ôtée,
Un doris dans la brume, jamais revenu.
Il faut trimer dur pour un petit revenu.

Voici le récit fait par ses petits enfants,
Tout cela a bien justifié un monument.

Oui, Jeanne et Marie, vous avez bien raison
De beaux moments, aussi, à la belle saison.
Vos fous-rires, toutes les deux dépenaillées
Derrière des touristes en maillots rayés.
Les trempettes nues dans le gué, bien cachées,
Au coucher du soleil, sur l’ile embrasée.
Les crabes déposés dans les cheveux frisés.
Les perruques d’algues volées par la risée.
L’explosion en bouche des huitres bien iodées
Que de souvenirs vous revenaient du passé
Lorsque courbées par l’arthrose et les années
Sur la Grande Rue, vous pouviez enfin flâner.

Pierre Simonnet 2017

MAUDITES COQUES

Une pensée sur “MAUDITES COQUES

  • 6 janvier 2018 à 14 h 26 min
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    Belle évocation en vers rimés d’une époque qui reste encore bien vivante dans les mémoires des Jaguins et Jaguines.

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