Il y a le  port mes parents mes frères et moi
pauvres parmi d’autres pauvres
dégoûtés de l’indigence où nous vivons
à côté des riches latifundias
ils ont tout mis dans les billets
mes parents
après on n’a plus d’argent

Mais tout là-bas en Argentine
pays neuf pays de promesses
ils nous emmènent nous
leurs enfants auront une plus belle vie qu’eux
-Ne pleure pas Dino
mais moi je pleure

je pleure ma tortue Emilia
ma confidente de toujours
je l’ai quittée dans un carré d’herbe
je pleure grand-mère qu’on a dû laisser seule ou presque
elle et ses gâteaux au miel
je pleure parce qu’il  pleut
et que  mon coeur se noie
sous un ciel que je connais
est-il là-bas un ciel
où même les nuages vous sourient
où avec la pluie descendent à vous
des petites tortues ?

Bernard Béreau  (2017)
Migration

Un avis sur « Migration »

  • 19 avril 2018 à 8 h 38 min
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    Beau poème qui restitue si bien le sentiment d’arrachement lié au changement de pays, même si c’est pour un avenir meilleur…..

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