Oh ! Je voudrais saisir ce moment qui s’envole
Quand ce moment apporte une joie à mon cœur !
Et quand mon cœur reçoit une chère parole
Je voudrais recueillir l’écho de ce bonheur !
Mais les plus chers instants s’en vont en farandole
Durée plus courte encore que celle d’une fleur …
Une rose mourante – et c’est ce qui console –
Laisse en suprême adieu sa délicate odeur !
Ainsi s’évanouiront comme une rose morte
Des jours que je voudrais malgré eux retenir
Et de mon cœur peiné je referme la porte
Lui disant d’oublier ce qui devait finir.
Mais la fleur du passé, quand même est la plus forte
Et répand son parfum, parfum du Souvenir.
Geneviève de Hamayde
(dans le recueil « Poèmes de Ninette », Éditions des Cahiers Bourbonnais)
ChatGPT écris-moi un poème sur les parfums et les épices
Les parfums s’échappent, secrets suspendus,
Dans l’air, ils dansent, doux et imprévus
Ils murmurent des histoires anciennes,
De lointaines terres, de cieux sereins.
Le bois de santal, chaleureux et sage,
Éveille des souvenirs d’un autre âge.
La lavande, fraîche, comme un matin,
Évoque les champs au bord du chemin.
Sous le voile d’un vent léger,
La rose se cache, timide, parfumée,
Et l’orange, éclatante de joie,
Chante des rêves où l’on s’égare parfois.
Chaque effluve est une promesse,
Un voyage au cœur de la tendresse,
Les parfums, comme des pensées,
Nous transportent, à jamais fascinés.
Je t’écris à voix nue
A toi, mon ingénue,
Mon égérie,
Mon inconnue
Du plus profond, je crie
Les mots se tordent
Ponts de bois torves
Ayant perdu leur corps
Aux traverses transpercées
A cœur par les fers
Le souffle de la rime
Me porte au bord
De l’abîme
Au tréfonds
Je m’arrime
Je serre les dents
Je serre les ris
Je borde la Gran’voile
D’Amour
Tout à la recherche
Du sel sublime
Je n’ai pas vu les ans
Je n’ai pas vu les rides
J’erre dans le désert
Perdu dans le temps
Marchant sur la roche
Aride
Qui me donnera
L’eau,
La rosée
D’abondance ?
Sera-ce toi,
Belle enamourée
Emmurée
Dans tes pensées
Sans havre
Ou pire, noyée
Dans tes soupirs
Sans sanglots
Ni passion ?
Toi dans le fond
Si sauvage
Au sourire suave
Au visage sage
Sous le sérieux des masques,
Tant d’élans, tant de frasques
Comment ne pas imaginer
Dans ce sombre regard
Sous ce teint blafard
Sous cette peau si fine
Diaphane
Les transports, les gynécées
La grandeur d’âme
La paix de l’âme
Courroucée
La paix recouvrée
La paix tant espérée
La paix
Le cœur opère
Enfin happé, enfin capté
Par le mystère épais
De ton parfum
Ce matin encore
Inconnu.
Dans l’écoute du matin bleu, j’ai perçu la fragrance bourrue des jacinthes,
L’océan bleuté m’envahit dans la pénombre boisée et ses clochettes qui tintent
Le monde de mes humeurs n’est plus le monde, le cœur s’ouvre sans retenue
Il en fallu des jours, des nuits, des pleurs et cette petite joie ténue
Pour connaître l’espace d’un instant la transcendance d’une senteur parfumée
Qui m’emporte au-delà de moi dans des contrées où je sais ce que c’est que d’aimer
Ce saut hors du temps me cueille sans crier gare
Me subjugue, j’erre dans la forêt, hagard
Guidé par un rai de soleil ou un rayon de lune
En quête de lumière, déchiffrant la rune
Qui me dira le langage des parfums soyeux
L’accord parfait d’un effluve délicieux
Parfums et épices
Je rentre du marché avec mon cabas débordant de fruits et légumes de saison
Passant sous le porche de mon immeuble
je sens les effluves de » l’heure bleue de Guerlain ».
Monica mon élégante voisine est revenue d’Italie.
Au premier dans son sillage, j’entends sa voix chaleureuse chanter « bella ciao a volare ».
Je continue ma montée jusqu’au deuxième, l’odeur de la soupe de chez Onésime me rappelle qu’il est midi,
je l’imagine seule a sa petite table de cuisine comme ma grand-mère autrefois.
Au troisième une odeur d’huiles essentielles s’échappe de l’appartement de janis,
une ecolo aux longs cheveux gris.
Laissons la tranquille enveloppée dans son nuage d’agrumes, d’eucalyptus et de lavandin.
Au quatrième, de sa porte entrouverte je sens l’odeur du couscous préparé par Mohamed et aussitôt c’est le soleil, la bonne humeur et le mélange oriental
Hello Mohamed !
Ah ! c’est toi miloud !
Viens ce soir manger avec nous !
A quoi bon partir ailleurs alors qu’en montant les étages de mon immeuble,
Le parfum de Monica m’a transporté en Italie
la soupe d’ onésime m’a fait traverser la France des années quarante,
Janis et ses huiles essentielles m’ont emmenée dans les jardins de plantes médicinales du sud de la France.
J’ai rêvé au Maroc avec Mohamed,
Je viens de faire un beau voyage en respirant le parfum et les épices autour de moi.
Mon enfant, ma sœur,
Songe à la douceur
D’aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.
Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l’ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l’âme en secret
Sa douce langue natale.
Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l’humeur est vagabonde ;
C’est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu’ils viennent du bout du monde.
– Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D’hyacinthe et d’or ;
Le monde s’endort
Dans une chaude lumière.
Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Ont été évoqués lors de présentation du thème Parfums et Épices les noms de:
-Michel Tournier, écrivain.
-Patrick Süskind, écrivain, auteur du livre Le Parfum.
-Dino Risi, cinéaste, pour le film Parfum de femme.
-Guy de Maupassant, écrivain.
-Haruki Murakami, écrivain.
Texte lu par Dominique Mongodin
Reviviscence
Fraîcheur verte des pins qui bordent les étangs,
Longs effluves boisés mêlés d’ondes florales,
Sillages se chargeant de senteurs animales,
Tous les souffles du vent me grisent au printemps.
Mon corps se réjouit chaque fois que je cueille
La menthe, les oeillets, les lilas du jardin.
Et, quand le haut tilleul embaume le chemin
Je m’enivre du lait sucré du chèvre-feuille.
Autour de moi s’attarde un parfum d’autrefois,
Qui, derrière le temps, s’exhale en permanence,
Nostalgique murmure émanant d’un sous-bois.
De ma mémoire alors, libérant sa fragrance
Captive sous l’écorce épaisse des saisons,
Le passé renaissant s’échappe en longs frissons.
“Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir.”
― Marcel Proust, mort en 1922, Du côté de chez Swann
Les fleurs réjouissaient la maison
Couleurs et senteurs familières
Des enfants, menottes guerrières
Se rapprochaient des tiges fières
Dressées droites comme un appel…
Le vase haut, presqu’éternel
En retenant ses prisonnières
Paraissait une citadelle !
Toujours des fleurs dans ma demeure
Dans la cuisine et le salon
Sur les tables et le balcon,
Contre mes lèvres c’est si bon !
Un souffle chaud les fait danser,
Fleurs de jeunesse et de beauté,
Baume parfumé de tendresse
Sur des souvenirs qui me blessent.
Des fleurs dans l’ancienne maison :
Les tiges amollies se penchent,
Corolles flétries qui s’épanchent
Répandant leurs fortes odeurs.
Deux frêles mains sur un bouquet
L ´emprisonnent, mort, sur le cœur
Sur le jardin du désespoir
Sans me parler et sans me voir.
La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.
Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
II est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
— Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,
Ayant l’expansion des choses infinies,
Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.
Reconnaître un désir
Mis de coté longtemps
Par la force des ans
Et sentir ce parfum
De loin mais le sentir
Avant qu’il soit passé
Juste tout près de soi.
Revivre en les taisant
Ces fantômes frissons
Inavouables sens
D’épices égarés
Dont se charge l’espace
Qui va rétrécissant
Avant de disparaitre.
Recroiser ce regard
Flou sans l’interpeller
Puis en fermant les yeux
Respirer dans le vent
Les effluves qui fuient
Pour ne plus revenir
Qu’au sein de la mémoire.
Entendre retentir
Soudain comme un éclair
Jaillissant dans la nuit
Cette voix qui supplie
Et puis se retourner
Dans un soulagement
En lui ouvrant les bras.
Croquer un nem en deux
En sauce l’immerger
Et mes yeux dans tes yeux
Cristallins me plonger.
Sauter quelques gambas
Qui me laissent le goût
Poivré de ton embrasse
Et des mets aigre-doux.
Sucer mon doigt collant
Comme au temps de nuit folle
Qu’après le riz gluant
Nous prenions notre envol.
Revoudras-tu du porc au caramel
À aimer le sucré qui dans ta gorge coule
Alors qu’une eau salée se perd dans ton rimmel
Pour troubler le saké dont encor je me saoule.
Texte lu par Pierre Duchon
Sonnet du souvenir
Oh ! Je voudrais saisir ce moment qui s’envole
Quand ce moment apporte une joie à mon cœur !
Et quand mon cœur reçoit une chère parole
Je voudrais recueillir l’écho de ce bonheur !
Mais les plus chers instants s’en vont en farandole
Durée plus courte encore que celle d’une fleur …
Une rose mourante – et c’est ce qui console –
Laisse en suprême adieu sa délicate odeur !
Ainsi s’évanouiront comme une rose morte
Des jours que je voudrais malgré eux retenir
Et de mon cœur peiné je referme la porte
Lui disant d’oublier ce qui devait finir.
Mais la fleur du passé, quand même est la plus forte
Et répand son parfum, parfum du Souvenir.
Geneviève de Hamayde
(dans le recueil « Poèmes de Ninette », Éditions des Cahiers Bourbonnais)
ChatGPT écris-moi un poème sur les parfums et les épices
Les parfums s’échappent, secrets suspendus,
Dans l’air, ils dansent, doux et imprévus
Ils murmurent des histoires anciennes,
De lointaines terres, de cieux sereins.
Le bois de santal, chaleureux et sage,
Éveille des souvenirs d’un autre âge.
La lavande, fraîche, comme un matin,
Évoque les champs au bord du chemin.
Sous le voile d’un vent léger,
La rose se cache, timide, parfumée,
Et l’orange, éclatante de joie,
Chante des rêves où l’on s’égare parfois.
Chaque effluve est une promesse,
Un voyage au cœur de la tendresse,
Les parfums, comme des pensées,
Nous transportent, à jamais fascinés.
QUAND LE CŒUR CRIE
– A L’INCONNUE –
Je t’écris à voix nue
A toi, mon ingénue,
Mon égérie,
Mon inconnue
Du plus profond, je crie
Les mots se tordent
Ponts de bois torves
Ayant perdu leur corps
Aux traverses transpercées
A cœur par les fers
Le souffle de la rime
Me porte au bord
De l’abîme
Au tréfonds
Je m’arrime
Je serre les dents
Je serre les ris
Je borde la Gran’voile
D’Amour
Tout à la recherche
Du sel sublime
Je n’ai pas vu les ans
Je n’ai pas vu les rides
J’erre dans le désert
Perdu dans le temps
Marchant sur la roche
Aride
Qui me donnera
L’eau,
La rosée
D’abondance ?
Sera-ce toi,
Belle enamourée
Emmurée
Dans tes pensées
Sans havre
Ou pire, noyée
Dans tes soupirs
Sans sanglots
Ni passion ?
Toi dans le fond
Si sauvage
Au sourire suave
Au visage sage
Sous le sérieux des masques,
Tant d’élans, tant de frasques
Comment ne pas imaginer
Dans ce sombre regard
Sous ce teint blafard
Sous cette peau si fine
Diaphane
Les transports, les gynécées
La grandeur d’âme
La paix de l’âme
Courroucée
La paix recouvrée
La paix tant espérée
La paix
Le cœur opère
Enfin happé, enfin capté
Par le mystère épais
De ton parfum
Ce matin encore
Inconnu.
Saint-Suliac, le 3 octobre 2017
JACINTHE
Dans l’écoute du matin bleu, j’ai perçu la fragrance bourrue des jacinthes,
L’océan bleuté m’envahit dans la pénombre boisée et ses clochettes qui tintent
Le monde de mes humeurs n’est plus le monde, le cœur s’ouvre sans retenue
Il en fallu des jours, des nuits, des pleurs et cette petite joie ténue
Pour connaître l’espace d’un instant la transcendance d’une senteur parfumée
Qui m’emporte au-delà de moi dans des contrées où je sais ce que c’est que d’aimer
Ce saut hors du temps me cueille sans crier gare
Me subjugue, j’erre dans la forêt, hagard
Guidé par un rai de soleil ou un rayon de lune
En quête de lumière, déchiffrant la rune
Qui me dira le langage des parfums soyeux
L’accord parfait d’un effluve délicieux
Jean Bernard Vivet
Poème écrit par Zoé d’Aubuisson, 14 ans
Petite fille de Michèle Pettazzoni
Mon épice de Noël
Elle approche,
Sourire gercé,
Nez rougi par le froid,
Ses mains gelées enlacées dans mes doigts.
Elle rit,
Douce mélodie,
Dansante parmi les flocons,
Sa bouche émet des petits nuages de fumée.
Elle me regarde,
Yeux givrés,
Mes lèvres sur les siennes,
Elle a le goût du jus de pomme épicé.
Zoé d’Aubuisson
Parfums et épices
Je rentre du marché avec mon cabas débordant de fruits et légumes de saison
Passant sous le porche de mon immeuble
je sens les effluves de » l’heure bleue de Guerlain ».
Monica mon élégante voisine est revenue d’Italie.
Au premier dans son sillage, j’entends sa voix chaleureuse chanter « bella ciao a volare ».
Je continue ma montée jusqu’au deuxième, l’odeur de la soupe de chez Onésime me rappelle qu’il est midi,
je l’imagine seule a sa petite table de cuisine comme ma grand-mère autrefois.
Au troisième une odeur d’huiles essentielles s’échappe de l’appartement de janis,
une ecolo aux longs cheveux gris.
Laissons la tranquille enveloppée dans son nuage d’agrumes, d’eucalyptus et de lavandin.
Au quatrième, de sa porte entrouverte je sens l’odeur du couscous préparé par Mohamed et aussitôt c’est le soleil, la bonne humeur et le mélange oriental
Hello Mohamed !
Ah ! c’est toi miloud !
Viens ce soir manger avec nous !
A quoi bon partir ailleurs alors qu’en montant les étages de mon immeuble,
Le parfum de Monica m’a transporté en Italie
la soupe d’ onésime m’a fait traverser la France des années quarante,
Janis et ses huiles essentielles m’ont emmenée dans les jardins de plantes médicinales du sud de la France.
J’ai rêvé au Maroc avec Mohamed,
Je viens de faire un beau voyage en respirant le parfum et les épices autour de moi.
L’Invitation au Voyage de Charles Baudelaire
Mon enfant, ma sœur,
Songe à la douceur
D’aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.
Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l’ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l’âme en secret
Sa douce langue natale.
Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l’humeur est vagabonde ;
C’est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu’ils viennent du bout du monde.
– Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D’hyacinthe et d’or ;
Le monde s’endort
Dans une chaude lumière.
Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal (1857)
Ont été évoqués lors de présentation du thème Parfums et Épices les noms de:
-Michel Tournier, écrivain.
-Patrick Süskind, écrivain, auteur du livre Le Parfum.
-Dino Risi, cinéaste, pour le film Parfum de femme.
-Guy de Maupassant, écrivain.
-Haruki Murakami, écrivain.
Texte lu par Dominique Mongodin
Reviviscence
Fraîcheur verte des pins qui bordent les étangs,
Longs effluves boisés mêlés d’ondes florales,
Sillages se chargeant de senteurs animales,
Tous les souffles du vent me grisent au printemps.
Mon corps se réjouit chaque fois que je cueille
La menthe, les oeillets, les lilas du jardin.
Et, quand le haut tilleul embaume le chemin
Je m’enivre du lait sucré du chèvre-feuille.
Autour de moi s’attarde un parfum d’autrefois,
Qui, derrière le temps, s’exhale en permanence,
Nostalgique murmure émanant d’un sous-bois.
De ma mémoire alors, libérant sa fragrance
Captive sous l’écorce épaisse des saisons,
Le passé renaissant s’échappe en longs frissons.
Yvonne Le Meur- Rollet (Novembre 2024)
Lu par Michèle PETTAZZONI
“Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir.”
― Marcel Proust, mort en 1922, Du côté de chez Swann
Parfum d’oubli dans la maison
Les fleurs réjouissaient la maison
Couleurs et senteurs familières
Des enfants, menottes guerrières
Se rapprochaient des tiges fières
Dressées droites comme un appel…
Le vase haut, presqu’éternel
En retenant ses prisonnières
Paraissait une citadelle !
Toujours des fleurs dans ma demeure
Dans la cuisine et le salon
Sur les tables et le balcon,
Contre mes lèvres c’est si bon !
Un souffle chaud les fait danser,
Fleurs de jeunesse et de beauté,
Baume parfumé de tendresse
Sur des souvenirs qui me blessent.
Des fleurs dans l’ancienne maison :
Les tiges amollies se penchent,
Corolles flétries qui s’épanchent
Répandant leurs fortes odeurs.
Deux frêles mains sur un bouquet
L ´emprisonnent, mort, sur le cœur
Sur le jardin du désespoir
Sans me parler et sans me voir.
Michèle Pettazzoni 01/12/2024
Correspondances
La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.
Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
II est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
— Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,
Ayant l’expansion des choses infinies,
Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.
Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal
Re-connaissance
Reconnaître un désir
Mis de coté longtemps
Par la force des ans
Et sentir ce parfum
De loin mais le sentir
Avant qu’il soit passé
Juste tout près de soi.
Revivre en les taisant
Ces fantômes frissons
Inavouables sens
D’épices égarés
Dont se charge l’espace
Qui va rétrécissant
Avant de disparaitre.
Recroiser ce regard
Flou sans l’interpeller
Puis en fermant les yeux
Respirer dans le vent
Les effluves qui fuient
Pour ne plus revenir
Qu’au sein de la mémoire.
Entendre retentir
Soudain comme un éclair
Jaillissant dans la nuit
Cette voix qui supplie
Et puis se retourner
Dans un soulagement
En lui ouvrant les bras.
Sucré…..salé
Croquer un nem en deux
En sauce l’immerger
Et mes yeux dans tes yeux
Cristallins me plonger.
Sauter quelques gambas
Qui me laissent le goût
Poivré de ton embrasse
Et des mets aigre-doux.
Sucer mon doigt collant
Comme au temps de nuit folle
Qu’après le riz gluant
Nous prenions notre envol.
Revoudras-tu du porc au caramel
À aimer le sucré qui dans ta gorge coule
Alors qu’une eau salée se perd dans ton rimmel
Pour troubler le saké dont encor je me saoule.