« Poèmes en liberté » thème de l’apéro-poétique du vendredi 28 juin à 18h30. Bar-Hôtel du Vieux Moulin.

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4 réponses à « Poèmes en liberté » thème de l’apéro-poétique du vendredi 28 juin à 18h30. Bar-Hôtel du Vieux Moulin.

  1. montagne dit :

    TROP TARD
    Combien d’anciennes pensées,
    Gardées au fond de ma memoire,
    Ressurgissent perfides dans le silence du noir,
    Me laissant un goût amer de saveur périmée.
    Qu’il serait bon de revenir en arrière,
    Courir sur la lande au milieu des bruyères,
    M’éloigner des amourettes juvéniles
    Qui prenaient dans ma tête une place inutile.
    Revivre pleinement mes années d’écolière,
    Remplir de pommes mon sac en bandouliére………
    Oublier les mots que j’ai dits et que je n’aurais pas du,
    Les choix que je n’ai pas faits mais que j’aurais du.
    Tirer un trait sur les blessantes insultes,
    Lancées mechamment lors d’ inutiles disputes.
    Oser prendre dans mes bras enfantins,
    Ma maman et lui faire un calin,
    Lui montrer mon amour, lui dire: » Je t’aime »,
    Exprimer le bonheur et vivre Carpe Diem………..
    Sur la nostalgie le temps est passé,
    Laissant dans sa traîne mes rêves surranés,
    Mes vieux souvenirs sont recouverts
    Par mes vieux remords et leur poussière,
    Mes vieux regrets sont vains
    Et je n’y peux plus rien .
    Louise Montagne -juin 2024-

  2. Yvonne Le Meur-Rollet dit :

    Trop tard

    Si j’avais découvert les rives de tes bras
    Au temps où nos deux corps étaient jeunes et lisses
    Nos baisers auraient eu la saveur des réglisses
    Nous nous serions aimés, nus et sans embarras.

    J’aurais glissé vers toi dans la neige des draps,
    Tu m’aurais inventé des traîneaux, des pelisses ;
    Nous aurions exploré d’autres lieux de délices
    Ombragés de ginkgos tout jacassants d’aras.

    Aujourd’hui, je festonne en silence des rêves.
    Où nous marchons, tous deux, lentement sur des grèves,
    Et mon silence plonge au bleu de ton regard.

    Qui aurait pu prévoir qu’au hasard de voyages,
    Nous nous serions croisés, qu’empêtrés de bagages,
    Nous nous serions souri, puis retrouvés, trop tard ?

    Yvonne Le Meur-Rollet
    ( dans le recueil « Sur les sentiers de la mélancolie »)

  3. Dominique Mongodin dit :

    Les façons

    Il y a des façons de slamer ses ballades
    Qui résonnent un peu comme un grand corps malade.
    Il y en plein d’autres. Ça n’a pas d’importance,
    L’essentiel pour les mots, c’est d’en trouver le sens,
    Qu’on y mette des rimes, qu’on y préfère l’humeur,
    Qu’on lise son poème ou quelque grand auteur,
    L’important c’est d’oser, c’est d’oser pour donner
    Le texte que l’on a envie de fredonner.

    Il y a des façons de scander dans les rues
    Qui bourdonnent au son des illusions perdues.
    On chante des slogans qui gueulent nos misères
    Puis on hurle à la paix pour dénoncer les guerres.
    Ça peut être en manif avec les poings levés
    Ou pour dire aux parents qui nous ont élevés
    Ce qu’on a sur le cœur, ce qu’on a dans la main
    Ce qu’on a dans le sang, c’est notre bien commun.

    Il y a des façons pour lire au coin du feu
    Sur ton de confidence quand on est amoureux.
    Mais dans certains endroits, il est mieux de se taire,
    Demander : ‘’C’était bien ?’’, ça peut vraiment déplaire.
    Il y a des façons de dire à nos gamins
    ‘’Profite de ton âge et amuse toi bien,
    N’écoute pas toujours ce que disent les grands’’.
    Il faut savoir garder un peu d’âme d’enfant.

    Il y a des façons que je ne comprends pas.
    Celles des rois des cons qui ne se savent pas.
    Qui sont des beaux parleurs aux phrases entourloupées
    Qui ne nous trompent plus en chimères épopées.
    Qu’importe les révoltes et les façons de dire
    Qu’importe les sonnets qui chantent les désirs.
    Ce qui compte est d’avoir tous les jours de l’audace
    Et de pouvoir se voir le matin dans la glace.

    Il y a des façons de combattre le vice
    En rappant pour celui qui souffre d’injustice.
    On peut aller taguer sur les murs qui sont tristes
    Sans pour autant se croire parvenu un artiste.
    Il y a des façons de parler des discrets
    Qui sans contre partie, sans le moindre intérêt
    Nous ont accompagné juste pour qu’on soit mieux
    Quand on était malade ou bien nécessiteux.

    Il y a des façons comme il est des endroits
    Dont on fait nos quartiers, où l’on va quelques fois
    Pour dire la liberté d’expression que l’on veut.
    Ils sont bien ces moments où les yeux dans les yeux
    On clame et on entend ce qui était caché.
    Mais une fois parti, il ne faut rien lâcher,
    Les mots dans les tiroirs ne sont que des malades.
    Il y a tant de façons de slamer ses ballades.

  4. Dominique Mongodin dit :

    Un goûter poétique

    Deux tasses de faïence aux décors printaniers
    Sont pleines de tisane et de fumant thé vert.
    Auprès du tête-à-tête une assiette à dessert
    Propose des biscuits et quelques financiers.

    Le salon est rempli d’odeur de chèvrefeuilles.
    Près de l’âtre fumant l’ambiance est confortable,
    Les fauteuils sont profonds à coté de la table
    Où sont posés en vrac des livres, des recueils.

    Tout est désormais là, propice aux évasions
    Dans un rythme inégal où l’urgence est bannie
    Et le blanc l’ennemi de la graphomanie.
    Les feuilles de papier bruissent sous les crayons.

    Entre deux gâteaux secs et des tas de ratures
    Nécessaires souvent pour trouver le mot juste
    Un sonnet se dévore un quatrain se déguste
    Et l’on parle de pieds, de rime et de césures.

    Le temps laisse la place au silence parfois
    Alors d’un œil brillant, ébloui par un vers
    Une phrase découvre un nouvel univers
    Que son auteur partage avec un air matois.

    La courte heure prévue durera trois fois plus
    On a remis de l’eau lentement à bouillir
    Et du bois pour sauver le feu de défaillir
    Puis la main réécrit comme on fait l’angélus.

    Avant de s’en aller dans le froid hivernal
    On corrige et l’on lit une dernière fois
    Sous les crépitements des buchettes de bois
    Et l’on part en serrant sur soi son arsenal.

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