6 avis sur « « La rue » thème de l’apéro poétique du vendredi 27 janvier à 18h30, au bar « le Bretagne ». »

  • 30 janvier 2023 à 11 h 54 min
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    La Grande Rue en hiver

    Le soleil est si bas en ce frileux hiver
    Que chaque ombre s’allonge sur les maisons jaguines
    Et les feuilles tombant d’une maigre glycine
    Décorent d’éclats pâles les branches de buis vert.
     
    Sous le ciel de janvier, toute la rue frissonne
    Le village est désert, plusieurs volets sont clos,
    Les enfants à l’école restent sous le préau,
    Et les jeux de pétanque n’ont attiré personne.

    La Maison de la Presse n’ouvrira qu’à trois heures,
    L’épicerie du centre est fermée pour travaux, 
    Le bazar de la place a baissé ses rideaux,
    Et seul, un vieillard lent promène son Yorkshire.

    Au café Le Bretagne, la vitrine rappelle
    Qu’on y vend du tabac, des boissons et des jeux ;
    J’entre et me fais servir un grand café crémeux
    En espérant glaner au bar quelque nouvelle.

    Mais en ce jour glacé, pas de clients bavards…
    Je me résigne alors à marcher vers la mer
    Où les bernaches grises cacardent des histoires
    Rapportées du Grand Nord dont elles ont fui l’hiver.
    Yvonne Le Meur-Rollet

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  • 29 janvier 2023 à 11 h 38 min
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    Les Allées des Poètes

    Allée Charles Baudelaire
    une atmosphère délétère
    nimbe les corolles d’azur
    Doux veloutés de luxure.

    Allée Arthur Rimbaud
    les voyelles de l’écriteau
    taguées aux couleurs nouvelles
    bavent, ivres et rebelles.

    Allée André Chénier
    un panneau décapité
    gît au tréfonds du fossé
    Le destin est sans pitié.

    Allée Gérard de Nerval
    un désespoir automnal
    suspendu au lampadaire
    sonne les heures, pendulaire.

    Allée Alfred de Musset
    nez collé à la verrière
    j’ai vu passer l’étranger
    Il lui ressemblait en frère.

    Allée Paul Verlaine
    les Poètes vont et viennent
    comme des rêves familiers
    sur les pensées des Allées.

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  • 28 janvier 2023 à 14 h 29 min
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    Dans la rue des Drapiers  
    ’Yvonne Le Meur-Rollet
     
    Ils se sont promenés
    Comme le premier soir
    Dans la rue mal pavée
    Mais  n’ont pas retrouvé
    Le porche lisse et noir
    De leurs baisers mouillés
    Dans la Rue des Drapiers. 
    Elle a voulu quand même
    S’accrocher à son bras
    Elle a vu dans ses yeux
    Monter une étincelle
    Elle a cru que pour elle
    Se ranimait le feu
    Dans la Rue des Drapiers. 
    Mais près de la margelle
    En haut de l’escalier
    S’avançait une fille
    Aux cheveux caramel
    Anneau d’or au nombril
    Fin tricot de dentelle
    Dans la Rue des Drapiers. 
    Tous deux ont aperçu
    Leur reflet dans la glace
    Et  ils ont entrevu
    Le poids du temps qui passe
    Qui essouffle les cœurs
    Et fait traîner les pieds
    Dans la Rue des Drapiers. 
    Ils se sont promenés
    Comme le premier soir
    Dans la rue mal pavée
    Mais  n’ont pas retrouvé
    Le porche lisse et noir
    De leurs baisers mouillés
    Dans la Rue des Drapiers.

    ( Ce texte de chanson a été mis en musique et interprété par Jean Deschamps.)

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  • 28 janvier 2023 à 10 h 57 min
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    UN JOUR

    Ce jour aurait pu être
    Un jour comme les autres,
    Un jour avec métro
    Puis boulot et dodo.

    Bien étranges combats,
    Insolites soldats
    Venus de tous les âges.
    Sous les pavés, la plage.

    Le rouge était levé
    Pour une évolution,
    Couleur de liberté
    Et d’émancipation.

    Des hommes gros et gourds
    Allaient à leur poursuite.
    C’était l’aube d’un jour
    Début Mai soixante-huit.

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  • 28 janvier 2023 à 10 h 54 min
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    Bruits de bottes, Opus IV :
    Féminins

    Repliée au bord du banc public
    Elle glisse sa paire de bas
    De soie filés dans son cabas
    Maudit le froid qui la pique

    Caresse cuisses et chevilles
    Remet ses bottines d’argent

    Et ne laisse en repartant
    Qu’un bruit de talons aiguilles.

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  • 28 janvier 2023 à 10 h 50 min
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    Saint-Lunaire en hiver

    Dans la ville sans vie
    Désertée par les chiens
    Et par les goélands
    Le sable noie les rues.
    Une boule d’oyats
    Arrachés à la dune
    Traverse l’avenue
    Qui n’est plus qu’un désert.

    Les murs gris se lamentent
    Comme un harmonica
    Lancinant et troublant
    Sous le vent de l’hiver.
    Au clocher le bourdon
    Sensible à la bourrasque
    Tinte timidement
    Tel un glas mexicain.

    Un volet claque aux pierres
    Rebondit au taquet
    Et se retourne encore
    Dans un bruit de fusil.
    La cité dépourvue
    Des colons de l’été
    S’abandonne aux torpeurs
    Venues de l’océan.

    Novembre 2022

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