Nous avions projeté un apéro-poétique le 27 novembre prochain à la salle des fêtes de Saint-Jacut, mais, confinement oblige, celui-ci n’aura pas lieu.

Nous avions l’intention de vous solliciter afin de recueillir vos propositions de thèmes des prochains mois. Cela, hélas, aussi n’est plus possible ! Alors vous pouvez nous en faire part via le site presquileenpoésie.org.

Le fonctionnement de cette rencontre dématérialisée n’a pas changé ; un thème par mois.

Nous avons souhaité pour novembre reprendre le thème inépuisable « Ombre et Lumière ». Nous attendons avec impatience vos contributions sur le site.

La thématique de décembre sera « La fenêtre ».

Un jour, c’est sûr, on se retrouvera pour ouvrir à nouveau les recueils de poésie dans tous les bistrots de notre village qui attendent notre retour.

D’ici là, portez vous bien.

A très bientôt.

« Ombre et lumière » thème du mois de novembre de l’apéro-poétique confiné!

13 avis sur « « Ombre et lumière » thème du mois de novembre de l’apéro-poétique confiné! »

  • 3 décembre 2020 à 15 h 12 min
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    CLAIR OBSCUR

    Le soir ni la nuit n’allongent leur manteau
    Qu’une bougie vivace ne s’allume aussitôt
    Et dans le voile à peine marqué du rideau d’eau
    Les yeux de l’enfant bercé s’abandonnent au doux dodo
    La joue de sa mère se fait satin, chaude incarnation
    Et chacun attend le matin en son imagination

    Les couleurs des vêtures changent de teint
    Dans la pénombre que la chaumière maintient
    L’on prend le visage convenu de la veillée contée
    L’attrayante face que donne la chaude lumière
    Rien ne permet dès lors à l’émotion de se taire
    Le mystère l’emporte des récits de la comté

    L’or des anneaux brûle au doigt des mariés
    Autant de souvenirs par le feu de l’âtre charriés
    Et la musique sobre se joue de l’air et du temps
    Venue de la nuit, de nos êtres, au plus profond,
    De si loin que l’on ne sait plus comment
    Elle nous inonde comme le ferait vin de carafon

    Et cette chaude atmosphère invitée par les lueurs d’encens,
    Par l’ombre chuchotée des non-dits et des demi-mots,
    Nous fait savourer les notes clair-obscur d’un tableau
    Sorti tout droit d’un Caravage ou d’un Rembrandt,
    Ces petites flammèches qui éclairent et ombragent tout à tour :
    Toute l’intimité des frères Le Nain, d’un Georges de La Tour,

    Instant révélé par la faible clarté
    Instant de grâce figé par l’obscurité.

    Saint-Suliac, 24 novembre 2020

    Jean-Bernard VIVET

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  • 29 novembre 2020 à 11 h 42 min
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    De l’ombre à la lumière

    Sortir de l’ombre
    les souvenirs empoussiérés
    depuis longtemps dissimulés
    dans la caverne sombre
    où se sont entassés les gravats
    des chambres dévastées
    et détrempées de larmes
    auprès des lames vermoulues
    arrachées aux marches disjointes
    des escaliers chancelants
    qui débouchaient sur des lambeaux de ciel

    Dérouler sa mémoire
    comme un tapis mité
    étalé sur une pelouse rase
    par un jour clair d’hiver
    et retrouver alors
    frissonnantes et nues,
    la honte et la douleur des choses tues.

    28 novembre 2020

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  • 27 novembre 2020 à 12 h 12 min
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    De toi maintenant…….

    De toi il ne restait que ton nom
    Ton nom qui est aussi le mien
    Gravé en lettres noires
    Sur un bloc de pierre
    En souvenir de ceux qui partis à la guerre
    Sans trop savoir où ils allaient
    N’en sont jamais revenus.

    Je pensais alors…….

    Qu’avec le temps tout s’efface se défait disparaît
    Tout s’évanouit dans une nuit sans fin

    Tu m’étais inconnu
    Ombre sans visage
    Sans âge
    Ombre parmi les ombres
    Gisant dans un coin de terre anonyme.

    De toi il ne me restait rien
    Pas même une vieille photo jaunie
    Rien qui te relierait
    Au monde des vivants
    Quitté il y a si longtemps
    Mais où tu avais ta place
    Si petite fût-elle…..

    Avec le temps tout s’efface se défait disparaît
    S’évanouit dans une nuit sans fin

    Tu es  » Mort pour la France  »
    Et nul à ce jour n’a pu me dire où tu as été enterré
    Ou si même tu le fus.

    De nous il ne reste rien
    Ou si peu….
    Parfois juste un nom
    Ecrit sur un bloc de pierre
    Ou sur une dalle grise et nue
    Qui avec le temps s’efface peu à peu.

    L’oubli fait injure à ceux dont le fardeau fut le plus lourd.

    Je le pensais, je le disais, je l’écrivais, le regrettais
    Moi qui avais été aussi si oublieuse des miens.

    Jamais
    Jamais je n’aurais alors imaginé
    Qu’avec le temps le passé puisse un jour ressurgir
    Un passé couturé remaillé rapiécé
    Un passé avec ses pages blanches, ses zones d’ombre qui sans doute le resteront
    Mais aussi avec ce qui m’est redonné et qui désormais continuera à être.

    De toi maintenant
    Je sais un peu plus que ton nom

    Mobilisé dès l’hiver 14
    Tu es mort au printemps 17
     » Tué à l’ennemi » comme ils disent.

    Trois ans à ramper dans des tranchées boueuses
    De la Somme à la Marne.

    Tu es mort sans savoir
    Que ta vie valait
    150 francs….*

    Tu t’appelais Mathurin Coudray**
    Tu étais né le 19 avril 1895 dans un petit village en bord de Rance
    T u étais le sixième d’une fratrie de onze enfants
    Tu n’allais plus à l’école depuis longtemps
    Mais tu savais lire et écrire.

    De toi je sais maintenant
    La couleur de tes yeux, celle de tes cheveux
    Je sais tes blessures
    La mort de ta mère, celle de ta petite soeur.

    Quand tu es parti à la guerre tu n’avais pas encore vingt ans
    Je ne sais si tu étais parti la fleur au fusil
    Mais je sais depuis peu
    Que tu ne voulais pas y retourner
    On t’a dit que tu n’avais pas le choix alors
    Tu es reparti…..

    Tu es mort le vingt-six mai 1917 au mont Cornillet
    C’était en Champagne
    Tu avais vingt-deux ans.

    Elisabeth Thomas-Loridan – le 27 / 11 / 2020

    * Un secours de 150 francs avait été accordé le 18 septembre 1917 à son père
    ** frère de ma grand-mère maternelle

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  • 21 novembre 2020 à 16 h 02 min
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    Voir le jour se lever.

    Quitter ton lit au milieu de la nuit
    en espérant voir le jour se lever
    du côté de la mer.
    Grelotter
    les pieds nus dans l’herbe reverdie
    de la fin de septembre
    Marcher sur l’ourlet défait
    de ta vieille robe de chambre
    tachée de café et de cendre.
    Regarder le ciel blanchir
    au dessus de la haie du jardin.
    Guetter tous les bruits de la rue
    reconnaître toutes les voitures
    qui ralentissent au carrefour.

    Trembler en croisant tes bras
    sur ta poitrine douce
    qu’il ne caresse plus
    depuis tout un été.
    Entendre les mouettes rire
    en passant au-dessus de ton linge oublié
    sur le fil
    et jauni par la lune
    .

    Demander,
    en regardant
    les vagues qui lèchent la digue:
    « Où a-t-il bien pu passer la nuit? »
    Comme si tu ne le savais pas…
    (
    Dans le recueil  » La façade des jours » inédit)
    Dans le recueil « La façade des jours »-inédit)

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  • 16 novembre 2020 à 10 h 17 min
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    Tableau d’automne

    Aucun mystère sous la brume
    aucune fée dessous ma plume…
    Tapis de pourriture à terre,
    miasmes roux s’accrochant à l’air,
    sur la branche cassée, l’oiseau,
    muet, l’aile tombante en faux,
    une bête crevée dans l’eau.

    Tout est réel dans ce tableau
    tout est vrai sous le chapiteau…
    Mais bientôt le soleil d’automne
    lève le rideau déchiré…
    Et nos regards dorés s’étonnent
    de la splendeur des jours d’automne
    sur la forêt désenchantée.

    Michèle PETTAZZONI

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  • 15 novembre 2020 à 14 h 37 min
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    Merci de nous offrir vos poèmes. Que les plus timides n’hésitent pas à venir déposer leurs textes sur ce site. Nous avons tous besoin de savoir que la Covid n’a pas eu raison des poètes.

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  • 13 novembre 2020 à 15 h 57 min
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    De la part de Dominique Mongodin, une citation de Boris VIAN:
    Je passe le plus clair de mon temps à l’obscurcir parce que la lumière me gène.

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  • 9 novembre 2020 à 19 h 11 min
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    Bonsoir,
    quel heureux hasard !
    Je viens de lire le nouveau Manifeste du Wajdi Mouawad … et c’est un manifeste POUR L’OMBRE !
    en voici un extrait :
    Qui que nous soyons, nous avons notre ombre. Il suffit que la lumière soit. L’ombre est un précipité, sans fonction aucune, sans utilité réelle, un épiphénomène. Pourtant, dès lors que l’on veut bien dépasser l’aplat de sa réalité, on réalise que l’ombre n’est pas seulement une conséquence de l’obstruction d’un corps au rayonnement de la lumière mais aussi une surface de réparation à nos douleurs

    la suite est par là
    https://www.colline.fr/manifeste-2020
    Je vous encourage à le lire attentivement et précieusement !
    Si par malchance, le lien était inopérant, il suffit de se promener sur le site du théâtre de la Colline !
    GWENOLA

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  • 8 novembre 2020 à 11 h 59 min
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    Le matin

    Le matin
    quand la lumière infuse
    ma chambre et le chemin

    Je m’arrondis

    Je trouve le visage
    que la vie a sculpté pour moi

    Il me va

    Nul besoin de prière
    La lumière s’amoncelle

    Je n’aurai vécu
    ma vie entière
    que pour le souffle du matin

    Les journées sont si ordinaires

    Annie Coll

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  • 8 novembre 2020 à 11 h 58 min
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    Nauplio

    Le temps se dilate
    de trop de lumière
    vaisseau enseveli

    Nous vivons dans l’ailleurs
    le non-advenu
    dans un espace réduit au feu

    La mer brûle nos lèvres apaisées

    Le soir, la ville tamisée d’argile
    s’offre nue au soleil couchant

    Nous roulons alors
    dans le plein et le délié des vagues

    nos yeux tournés vers la forteresse

    ivres de rêves nonchalants

    suivant les marches de marbre rouge

    les poings fermés

    Vers nos causes perdues

    Annie Coll

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  • 8 novembre 2020 à 9 h 05 min
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    Le visiteur du soir

    Un elfe est venu tout chagrin,
    il avait perdu son chemin.
    « Connais-tu, m’a-t-il imploré,
    la route qui mène au passé ?
    J’ai oublié, et c’est trop bête,
    le plan qui conduit à la fête … »

    « Sème des rimes à tue-tête,
    regarde-les bien s’envoler …
    La direction, dis-je en poète
    sera celle de ton passé … »
    C’est sûr, j’ai un peu déliré,
    ne voulant pas décevoir

    l’être gracile dans le noir.
    Alors il a poétisé,
    il a parlé, chanté, sifflé …
    Devant mes grands yeux médusés,
    les images ont défilé …
    Et sur mon lit d’hôpital,

    ce fut un vrai carnaval …
    Des cris … des rires en fusées …
    Je ne pouvais rien maîtriser …
    J’étais l’enfant, j’étais l’été,
    j’étais la nuit rousse étoilée,
    j’étais sa poussière dorée …

    Michèle PETTAZZONI

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  • 6 novembre 2020 à 19 h 16 min
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    Faune déçu
    .( un poème sur le thème « Ombre et lumière »)

    La fête enlace la rivière
    Sous les arches des peupliers.
    Les lampions versent leur lumière
    Dans la pénombre des sentiers.

    L’eau frappe au clapot de mon rêve
    Les berges troubles du désir.
    Déjà ta robe se soulève
    Et flotte au courant du plaisir.

    La valse emporte dans la fête
    Ton corps ployé contre le mien.
    Bientôt la musique s’arrête.
    « Viens près de l’eau, si tu veux bien.

    Laisse mes bras contre tes hanches
    Laisse ma bouche dans ton cou
    Et fais glisser tes deux mains blanches
    Sur mon torse de faune fou.

    Laisse-moi dire que je t’aime. »
    Mes rauques mots, pauvre discours,
    Te font trembler et pleurer même…
    « Pourquoi pars-tu, mon bel amour? »

    La fête enlace la rivière
    Sous les arches des peupliers.
    Tu vas courir vers la lumière…
    Je fuis dans l’ombre des sentiers.
    Yvonne Le Meur-Rollet

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  • 5 novembre 2020 à 12 h 07 min
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    C’est avec plaisir que nous allons pouvoir déposer de nouveaux poèmes sur le thème proposé. Merci aux responsables de Presqu’île en poésie d’avoir fait sortir le site de son long sommeil §

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