LA REBELLE

Il y eut sur cette presqu’île, tant de douleurs,
De misère et de peines, imbibées par le sel,
Des vagues noires, giflant la grisaille du ciel ;
Et des travaux forcés, sur des grèves de malheurs.

Taisant des sentiments derrière la dureté,
Des mâles sans chaleur à part celle de la couche,
Des femmes soumises, s’écroulant sous la pouche*
Et des marmots conscients, de leur servilité.

Aux sources de son refus ; cette vie pitoyable,
Héritage pourri dont elle veut se défaire,
Quand le temps emprisonne au fond de son repaire,
Des journées de tristesse et de trop pleins immuables .

Vivante, jamais elle ne serait la sacrifiée,
Qui ravive ses plaies à chaque marée haute,
Et qu’on donne en pâture à l’ hydre de la côte.
Vivre décemment, refuser cette lignée.
Rêves et existence aux tréfonds des entrailles,
S’arracher, pour bannir la détresse des aïeuls.
Y puiser sa force, son cheval de bataille,
Partir, et à jamais refermer ce cercueil.

Montagne Louise, mars 2019

*Sac de toile de jute que les femmes remplissaient de coques et remontaient de la grève sur leur dos.
(Voir la stèle commémorative au-dessus de la Banche à St-Jacut de la mer)

Sur le thème ‘Rébellion’, 1 poème de Louise Montagne

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