Sur le thème ‘Insolite’, 1 poème de Milou Hudelist

Dans le far west

Il y avait des arbres abandonnés,
au pied de leurs branches noires, les feuilles.
Il y avait la ferme désolée,
les volets battaient, les rideaux pendaient.
Il y avait tout autour les machines rouillées.
Sur le faîte du toit plusieurs poules s’étaient réfugiées,
leurs plumes dorées scintillaient et brillaient à la lueur de la lune.
Elles parlaient,elles bougeaient et dansaient en rythme,
Soudain elles s’envolèrent à la manière des étoiles filantes
et formèrent dans le ciel des îles de lumière.
La ferme et les arbres revêtus de cette lumière étrange
semblèrent reprendre vie.

Milou déc 2018

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Presqu’île en poésie vous souhaite une belle année 2019

 

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Sur le thème ‘Insolite’, 1 texte de Marc Bataille

C’est le bistrot du moment, un bistrot à la mode où le « tout Saint-Jacut » se retrouve, en plein cœur du bourg.

Chez Virginie

Un bistrot où l’on se sent bien. Mais si on y vient pour boire un verre ou pour retrouver des copains, le plus passionnant est ailleurs.

Le vendredi matin, jour de marché, quand le temps est au beau fixe, la foule se presse et on peut alors avoir la chance d’assister à une grande partie de chasse insolite.

Car la terrasse qui s’étend devant le café Place Landouar est un lieu de prédilection : on y prend un verre à midi, assis au soleil en dégustant une galette saucisse. Tout le monde veut y être.

Et c’est alors que commence la chasse à la place libre pour s’installer sur la terrasse.

On distingue deux catégories de chasseurs : les chaiseux et les tableux.

Les chaiseux chassent la chaise libre, pour s’installer seul ou avec les amis. On distingue 2 types de gibier, la chaise qu’on vient enlever pour la déposer un peu plus loin ou bien la chaise qu’on vient occuper sans la déplacer. Le chaiseux est à l’affût, il rôde et donne l’impression de tourner en rond, mais en fait, il se déplace selon un schéma bien précis pour débusquer au bon moment la chaise qui vient de se libérer et pour s’en saisir, au nez et à la barbe des autres chaiseux.

Le tableux, lui, chasse un plus gros gibier : une table avec plusieurs chaises. Là, il n’est pas question de transporter, il s’agit de récupérer une table qui se libère. Les gibiers sont plus rares et cette chasse nécessite une bonne anticipation pour être le premier à se saisir de la proie.

Mais il arrive aussi que certains tableux trichent et ne respectent pas le code déontologique : ils s’assoient à une table déjà occupée en anticipant le départ de leurs occupants.

Il arrive aussi que la pluie vienne calmer les ardeurs des protagonistes. Ou bien que la rosée matinale ait laissé une couche d’humidité qui mouille traîtreusement les fonds de pantalon.

Enfin il y a le moment tant attendu du lâcher de proies, lorsque le gibier se fait rare et que Virginie, pressée par les chasseurs, décide d’ouvrir sa réserve et libère alors tables et chaises. Et c’est la curée…

Mais, il ne suffit pas de saisir sa proie, encore faut-il la transporter. Et c’est là que bien des chaiseux ont trébuché et s’en sont retournés bredouilles avec, en guise de consolation, le sourire de Virginie.

Marc Bataille

Apéro-poétique de « Presqu’île en poésie » sur le thème ‘Insolite’, 14 décembre 2018

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Sur le thème ‘Insolite’, 1 poème de Michèle Pettazzoni

Jeu d’ossements

Mon corps est un tombeau vivant
s’enchevêtrent depuis longtemps
les vieux os de mes ascendants….
Ils m’accompagnent tout le temps,
c’est usant!

Parfois je leur crie qu’ils s’en aillent
-n’être qu’à moi seule un moment –
mais ils s’unissent, les canailles,
bras de fer, jeu d’ossuaire,
c’est craquant !

Je vis avec, ils sont mon sang
mémoire vive et mon présent,
je les emporte à travers champs,
jamais sous terre, toujours fringants,
mes os blancs!

Sont sensibles à mes tourments,
se raidissent…et je tiens bon,
quand s’effondrera la charpente
ils accueilleront mes os tendres,
chers parents !

Michèle Pettazzoni,
lu lors de l’apéro-poétique du 14 décembre 2018

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Sur le thème ‘Insolite’, 1 texte d’Yvonne Le Meur-Rollet

L’insolite, qu’est-ce que l’insolite ?
C’est le mot « Liberté » gravé sur le fronton d’une prison, c’est le slogan en fer forgé affirmant que « le travail rend libre » au-dessus de l’entrée du camp de Dachau.

L’insolite, c’est quand l’ouvrier bafoué, exploité, parle soudain à son patron avec mépris, et lui crache au visage.
C’est lorsqu’un bleu de travail taché d’huile et de poussière, devient le symbole de la fierté et du courage.
C’est lorsqu’une femme battue exhibe ses seins couverts de bleus et que le policier enregistre sa plainte sans ricaner et en baissant la tête.

L’insolite, c’est quand un écureuil oblige un lion à entrer dans la cage et à marcher, marcher, pour faire tourner la roue.
L’insolite, c’est quand un général ordonne à ses hommes de rester dans la tranchée, et, qu’oubliant ses étoiles, il court à découvert pour ramener à l’abri, un soldat blessé par un obus.

L’insolite, c’est quand un enfant riche découvre la faim et se jette sur un morceau de pain rassis.
C’est quand un yacht de milliardaire se déroute pour aller secourir des hommes venus de loin et qui ne se sont pas noyés en Méditerranée.
L’insolite, c’est lorsque des cardinaux et des ministres franchissent le Col de l’Echelle,par une nuit d’hiver, et que leurs orteils gèlent dans la neige.

L’insolite, c’est lorsque, dans un musée, le pape , touché par une météorite est couché à terre, vêtu de blanc, et qu’il a perdu l’une de ses chaussures italiennes de cuir fauve.

L’insolite, c’est quand Galilée, qu’on a forcé à se parjurer, s’écrie: «  Et pourtant elle tourne », quand Gavroche chante sur la barricade « Je suis tombé par terre c’est la faute à Voltaire, le nez dans le ruisseau, c’est la faute à Rousseau » avant de tomber sous la mitraille.

Et, c’est aussi quand un gamin lance « Salut Manu » au président en visite officielle dans sa ville.

L’insolite, c’est lorsqu’un homme enchaîné découvre soudain qu’il peut s’envoler.
C’est quand un mur tombe et que les frères encore séparés la veille s’embrassent en pleurant , tandis qu’un grand virtuose joue du violoncelle.

C’est quand des citrouilles deviennent carrosses , que des grenouilles sortent de la bouche des méchantes princesses, que les tapis se mettent à voler, et qu’un enfant perché sur le dos d’une oie sauvage découvre la beauté du monde.

L’insolite, c’est tout ce qui est étrange, inhabituel, bizarre, inattendu, inaccoutumé, surprenant , ou… merveilleux, comme cette soirée où nous sommes réunis ici, dans ce bar chaleureux, chez Virginie, pour partager des verres emplis de rêves et échanger des mots riches d’imaginaire et de poésie.

Yvonne Le Meur-Rollet, décembre 2018

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Concert-théâtre « Discours à ma nation » – Cie l’individu – à la Goëlette le 16 décembre 12h30

Concert-théâtre « Discours à ma nation »

Selman Reda (au texte) & Yann Synaeghel (à la musique) – Cie l’individu

Dimanche 16 décembre à 12h30 à la Goëlette, Saint-Jacut de la Mer

« C’est un concert de théâtre, ça dure une heure, c’est autant triste que drôle que profond, ça raconte l’histoire de quelqu’un qui te ressemble, ça raconte que le monde ne change pas mais que seule ta place dans le monde change, (enfin ça, c’est les puissants qui le disent), mais ça raconte aussi tout l’inénarrable de nos vies. Parce que les temps sont durs, mais modernes. » Cie l’individu

 

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